Liberté sur paroles tome 1

Au gré des lectures et des interviews, voilà un recueil des mots, de saillies verbales de ceux qui gravitent autour de l’industrie du cinéma.

 

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Évoquant Demain, le doc école qu’elle a co-réalisé avec Cyril Dion (sortie 2 décembre 2015) « On a peur du changement. Choisir un autre mode de vie n’est pas si facile. Peut-être qu’il manque davantage de films optimistes sur le sujet. Pendant une époque, il y a eu beaucoup de documentaires catastrophistes. Ils étaient nécessaires pour montrer tout ce qu’on allait perdre. On entre désormais dans une nouvelle ère où l’on a besoin d’humour pour que le message passe. Il faut arrêter de faire de la morale aux gens. »

Mélanie Laurent –  Le Journal du dimanche – 29 novembre 2015

moins bons-  de certaines figures du cinéma.

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« Avec Jean-Paul Belmondo, on s’est aimés et bagarrés comme des fous, mais on a aussi beaucoup ri. Il grimpait le long des gouttières pour me rejoindre, arrivait à un rendez-vous debout sur le toit d’une Rolls. Un jour, il a même provoqué une inondation dans un hôtel pour que les pompiers défoncent la porte de ma chambre que, ce soir-là, je refusais d’ouvrir ! Il n’y a plus d’hommes comme lui. Les vrais hommes c’est comme les éléphants ou les tigres, une espèce en voie de disparition. Il faut les protéger ! Quand je vois les jeunes d’aujourd’hui, le nez collé sur leur Smartphone, je suis effondrée. »

Ursula AndressParis Match, 16 novembre 2015

360px-Monica_Bellucci_Cannes_2014_2« Je vieillis. J’accepte que la beauté intérieure remplace la beauté de la jeunesse. Je me connais mieux, j’ai plus de miséricorde pour moi-même et pour les autres. Ce qu’il y a d’extraordinaire en France, qui n’existe nulle part ailleurs, c’est qu’on appelle les actrices « Mademoiselle » même lorsqu’elles ont 100 ans ! Comme si les actrices gardaient toujours le contact avec la petite fille qui est en elles. Ça me plaît beaucoup, c’est tellement romantique ! Et si l’on perd ce contact, c’est-à-dire, l’espoir, la joie, l’envie, alors c’est qu’on n’est plus vivant. »  Monica BellucciParis Match, 12 novembre 2015

330px-Michel_Piccoli_Cannes« Il y a beaucoup de vies dont j’ai rêvé. C’était mon métier. Il fallait savoir plaire, étonner, éveiller de l’intérêt chez des acheteurs d’acteurs ou d’actrices. J’ai fait des choses très différentes, extravagantes, manipulantes. Ce métier, c’est jouer de belles vies. »

Michel Piccoli – Le Journal du dimanche – 1er novembre 2015

330px-Marine_Vacth_Cannes_2013 » J’ai eu une adolescence calme, simple. Je  n’adorais pas l’école mais j’étais sérieuse, je travaillais bien. Je ne m’y suis jamais sentie à l’aise, je n’aimais pas cette structure, comment elle était hiérarchisée. »

Marina VacthElle– 18 septembre 2015

 

Gérard_Lanvin_2014_3 » Le producteur Christian Fechner, dont j’étais très proche, m’avait fait rencontrer Lino Ventura. Nous passions du temps ensemble, j’avais la chance qu’il m’apprécie, ce dont j’étais très fier. Un jour, je l’avais invité en même temps que mes parents dans le Bordelais, où j’habitais. Lino était venu nous rejoindre pour un après-midi de cassoulet et de bons vins. Mon père et lui s’étaient bien entendus immédiatement. Ils se ressemblaient beaucoup, j’étais tellement ému et heureux de voir ces deux « tôliers » réunis ! . »

Gérard LanvinParis Match – 16 septembre 2015

220px-Alice_Taglioni_Deauville_2012 » Après avoir été comblée par des rôles de femmes aux destins exceptionnels, pilote de chasse, top model ou working-girl, je recherche maintenant des personnages plus simples avec des problématiques quotidiennes car je me sens capable d’aller vers ces rôles plus risqués. » Alice TaglioniVersion Fémina, 7 septembre 2015

330px-Pierre_Arditi_in_2009« Je suis devenu populaire à 40 ans. J’ai tourné beaucoup de films dont certains, je l’avoue, n’étaient pas indispensables. Mais, pour le savoir, il fallait bien que je les fasse. Aujourd’hui, je me considère essentiellement comme une vedette de théâtre. AU trac que j’avais avant a succédé l’angoisse de ne plus être à la hauteur de ce que le public attend de moi. »
Pierre Arditi Paris Match, 20 août 2015

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“J’ai une passion pour l’Italie, j’en parle la langue, j’en aime les gens, les couleurs, les odeurs. Le rapport au beau y est simple. Quand j’étais jeune, en France, on me regardait. En Italie, on me draguait. C’est plus sympathique ! Je ne leur faisais pas peur. C’est pour ça, je pense, que Buñuel m’a choisie, alors que je n’avais que 18 ans, pour jouer dans « Cet obscur objet du désir ». Je ne me sentais ni obscure, ni objet de désir, mais lui me voyait comme une Madone descendue d’un tableau. Je lui étais familière. Ici, la beauté es familière, elle est dans les églises, elle est partout, n’importe quel chauffeur de taxi vous parle du Bernin. »

Carole Bouquet Elle, 14 août 2015

260px-Jean_Rochefort_2013“Rachida Dati envoie une invitation pour une grande fête à tous les habitants du VIIe arrondissement. Moi, je la reçois. Mais pas la dame qui est gardienne chez nous. Elle travaille, paie ses impôts et a élevé cinq enfants qui ont merveilleusement réussi — trois ont fait Sciences-po —. C’est une mère Courage, mais elle n’est pas invitée. Pourquoi ? C’est ignoble non ? Moi, ça me révolte. » (Jean RochefortLe Point, 7 août 2015)

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« Je suis rodé en matière de racisme. Dès mon enfance, j’ai connu le rejet avec un père kabyle musulman laïque et une mère catholique. J’ai vu le racisme contre les Kabyles et la part des Algériens, mais aussi l’exclusion de ma famille maternelle qui prenait mon père pour un Arabe. J’étais un minorité dans ma propre famille, où l’on vivait une forme d’exil intérieur. Comme mon père était boxeur, on ne l’emmerdait pas trop. J’étais moins costaud, dont j’ai opté pour l’humour. Je voulais comprendre pourquoi on me rejetait. La meilleure façon de se faire accepter est d’aller vers l’autre pour le faire marrer. Pour moi, le rire a toujours été une forme de réparation.  »

Dany Boon Le Journal du dimanche  (2 août 2015 )

« Le théâtre possède une dimension supérieure à tout le cinéma. C’est un métier qui donne au 220px-Fabrice_Luchini_2014comédien une structure solide. Sur les tournages, un acteur de cinéma est trimballé comme un paquet – si c’est une vedette, c’est dans une Audi-  il vient, il dit ses quinze répliques pour la journée, et c’est fini. Au théâtre, j’aime cette vie où je suis en contact avec les gens. Jouvet écrivait dans « Le Comédien désincarné », que le comédien est un « document clinique, d’un tempérament anxieux pour qui le théâtre n’a jamais été éloigné de la fraternité. » Cette solitude partagée, c’est très beau. »

Fabrice LuchiniTélérama ( 18 juillet 2015)

(Evoquant l'éducation de ses quatre enfants) "Je pense que la meilleure éducation, c'est de leur dire : "Le bonheur, c'est une sorte de bête traquée. Il me faut vraiment allumer les projecteurs pour ne pas qu'elle se barre." C'est lié à mon enfance. Comme je n'ai pas vu mes parents heureux, je ne savais pas ce qu'était le bonheur. Ça m'a joué des tours. Pendant des années, je n'ai pas eu les repères de la joie de vivre. Maintenant que j'en ai, j'essaie de dire à mes enfants : "Regardez, ça marche" 
François Cluzet - Le Parisien, mercredi 24 juin 2015

220px-Benjamin_Biolay_-_Live« La meilleure musique de film est celle qui ne s’entend pas. Sauf quand John Willams écrit pour Spielberg. Ou lorsque Kubrick choisit ses partitions. Là, tout est cohérent. J’écoute la musique de cinéma pour m’en inspirer dans les chansons que je compose, mais pas plus. »

Benjamin Biolay – Studio Ciné-Live, juin 2015

403300« Michel, le héros de « Comme un avion », c’est presque moi. Je suis moins lunaire et songeur que lui. Surtout, je me moquer de moi-même, et je suis persuadé que Woody Allen ou Nanni Moretti pensent qu’ils ne sont pas les personnages qu’ils incarnent à l’écran »  Bruno PodalydèsLe Journal du dimanche, 7 juin 2015

530277 «  Ce qui m’inspire ? La troupe du Splendid, l’humoriste britannique Ricky Gervais, mais aussi « Desperate Housewives ». Le côté « on va à fond dans la caricature » me bluffe. L’autodérision, c’est le nerf de la guerre. »

Audrey Lamy, Elle, 29 mai 2015

 

bartabas« Je me sens de plus en plus en décalage. Et puis, travailler avec des chevaux, c’est quand même être relié au passé : il y a de la nostalgie dans ce savoir de spécialiste. L’ordinateur ne me sert à rien pour dresser un cheval ! » BartabasParis Match, 28 mai 2015

220px-Nathalie_Baye_Césars_2011« J’ai rencontré Gérard Depardieu alors que j’étais en deuxième année du Conservatoire. On a joué ensemble « Galapagos », une pièce mise en scène  par Bernard Blieu, un bide retentissant. Une amitié est née à ce moment-là. J’ai vécu par la suite une période de doute avec moins de propositions. Ce métier fonctionne sur le désir des autres, on éprouve vite l’impression de ne plus exister. Un jour, il m’a emmené voir Marco Ferreri pour me trouver une scène dans « La Dernière Femme ». Une autre fois, il m’a entraînée faire des tours de périph’  moto et j’ai failli crever ! On a ensuite tourné plusieurs fois ensemble. C’est un immense acteur et un homme tout aussi formidable. Il déborde dans tous les sens, mais de bonnes choses. »

Nathalie Baye Studio Cine Live, mai 2015

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« Je me méfie des étiquettes. Je ne cherche pas les scénarios où il y a une cause à défendre. Je n’en fais pas un point d’honneur. Ma première lecture est d’abord humaine. J’aime fédérer, c’est ma façon de faire de la politique. Cela étant, tous les bons films sont politiques. Regardez « La Vie d’Adèle » ou, dans le registre de la comédie, « La Crise », de Coline Serreau. Alors, disons que j’ai plutôt foi dans le pouvoir salutaire du cinéma. Si on prend un ado glaneur ou un monstre et qu’on le place devant « Le Kid », il sera touché, même s’il s’ennuie. De manière consciente ou non, il en ressortira meilleurs… Je crois beaucoup à l’instruction au quotidien. J’aime parler à tout le monde, y compris aux gens dans la rue. Si quelqu’un me prend en photo du trottoir d’en face, je me sens obligé de traverser pour aller le voir. Je me présente et je lui demande pourquoi il m’a photographié sans mon autorisation. La réponse ne varie pas : « Je ne voulais pas vous déranger »  Je rétorque qu’il me dérange précisément parce qu’il m’oblige à perdre sept minutes de mon temps pour lui faire la morale. La personne propose d’effacer la photo. Je lui explique que le problème n’est pas là, mais plutôt dans le fait qu’elle m’a volé mon espace de générosité, en me privant du plaisir de lui ire : « Mais bien sûr, monsieur, aucun problème, vous pouvez me photographier. »

(Vincent Lindon  – Télérama, 9 mai 2015)

51dX7luTTkL._SY344_BO1,204,203,200_ Huston prénom Anjelica

Avec les quelques 600 pages de  son livre de souvenirs, Anjelica Huston a fait parler d’elle. Il est vrai, la dame a de quoi dire et Suivez mon regard (Ed. de l’Olivier) lui permet d’évoquer aussi bien son enfance pas comme les autres, sa vie d’actrice, ses amours tumultueuses avec Jack Nicholson et, bien sûr, la figure d’un père, John Huston, monstre sacré du cinéma américain. Voilà ce qu’elle en dit dans Libération (6 mai 2015) :  » Mon père m’a toujours fascinée, c’était une présence magnétique, un être incroyablement intelligent. C’est surtout à l’adolescence que nos relations ont été compliquées car il avait des avis très arrêtés sur ce qu’il fallait que je fasse, sur mes études, mon comportement… On a eu quelques conversations plutôt désagréables sur le dilettantisme, sur le fait qu’il fallait savoir où on allait dans la vie.

A 12 ans, on n’a pas les mêmes préoccupations qu’à plus de 60. Mon père n’a jamais été quelqu’un de simple et a toujours été très exigeant et perçant. Dès qu’il me sentait sur la défensive, il voulait savoir pourquoi  et je me sentais mise sur la sellette, jugée, alors qu’à ses yeux, il ne faisait que son devoir de père, s’assurant que sa fille allait dans la bonne direction. Les choses se sont apaisées quand je suis devenue adulte et autonome. Mon père pouvait également être la personne la plus douce et généreux du monde. « 

« Il m’a fallu attendre vingt ans pour que mon univers finisse par résonne, mais j’ai tracé tranquillement ma route avec mes petits spectacles, où je réglais moi-même les projecteurs (…) Le succès n’a jamais été mon Graal. Je suis heureux de pouvoir vivre, et même très bien, de ma passion » (Axel Lutz  – Le JDD, 3 mai 2015)

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 » Il ne faut pas donner son pouvoir à l’autre, se perdre en lui. Ça n’a pas toujours été évident pour moi mais, entre François Pinault et moi, cet équilibre s’est fait d’emblée. Il a confiance en lui – c’est difficile de trouver un homme comme ça ! – et il n’a pas peur d’une femme forte. Au sein de son groupe, il fait beaucoup pour les femmes, en détectant les victimes de violence qui ne viennent plus travailler pour cacher leurs souffrances. Je pourrais vous en parler des heures mais, comme c’est mon mari, vous allez penser que je ne suis pas objective » (Salma Hayek  – Elle,  24 avril 2015)


« Enfant, j’ai été marqué par le Vietnam, je me demandais comment se passait le retour à la vie normale des vétérans. Tommy (le commandant de l’armée de l’air qu’il incarne : NDLR) fait ça tous les jours ! Il se lève, mange ses œufs au bacon, boit son jus d’orange, prend sa voiture, envoie des missiles sur des gens, rentre chez lui, invite ses amis pour un barbecue dans son jardin et regarde « Les Soprano » à la télé. La transition est violente, non ? » (Ethan Hawke – Le JDD, 19 avril 2015)

220px-Bayrou_Bercy_2007-04-18_n33« Quand j’imagine des intrigues, j’ai besoin de sentir les personnages. Je chope mes héros dans la vraie vie. Le propriétaire de la PME de « Ma petite entreprise », par exemple, je le connaissais. Le gars m’avait prêté un bureau avec un téléphone à l’arrière de sa boîte pour que j’écrive peinard. J’ai donc vu comment ça se passait. Si j’habite aujourd’hui à Paris, dans un bel appartement, les préoccupations sociales ne sont jamais loin. Je sais d’où je viens. » (Pierre Jolivet – Studio Ciné Live, Avril 2014)

479245417_alain-depardieu-son-frere-arretons-de-t-446363« Moi, je ne juge pas Gérard. Je sais ce que la caméra lui a pris. C’est beau mais ça détruit tout. Et il ne s’est pas assez protégé. Il a tout donné. Après, c’est difficile de reprendre la vie. Quand il ne joue pas, eh bien, le pauvre vieux, il fait comme il peut. Il essaie d’être gai. Mais, il a ses moments de souffrance, ses manques, ses regrets. Mais c’est fini. Dans la vie, il n’y a pas de deuxième prise »

(Alain DepardieuLe JDD-  5 avril 2015)

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« Être acteur, c’est une vocation. Il faut se libérer de soi-même pour donner du plaisir aux autres. Je joue comme j’essaie de peindre. Je suis un peintre du dimanche mais, lorsque je peins, j’essaie de le faire avec mon inconscient, pas avec ma tête. Quand je finis, je suis vidé. Une femme m’a demandé un jour : « Ça ne vous fait pas bizarre de jouer le diable ? Je lui ai répondu : « Madame, vous devriez poser la question à Dieu, c’est lui qui nous autorise à jouer ces choses-là ». On me demande souvent quand je vais arrêter… Je ne peux pas envisager ma vie sans jouer la comédie. »

(Al PacinoParis Match, 26 mars 2015)

433827« Je suis traversée par ce que je fais, impliquée à 1 000% dans mon travail, mais le monde autour de moi, ce qui s’y passe, m’importe aussi beaucoup. J’y suis perméable »

(Léa SeydouxParis Match, 19 mars 2015)

220px-Césars_2015_8 » Pour faire sortir les gens de chez eux, il faut leur proposer quelque chose de nouveau, de frais. « Hippocrate », « Les Combattants » ou « Timbuktu », sur le papier, ce n’était pas gagné. Les séries ont flingué énormément de sujets. Quand tu vois tout ce qu’ils peuvent développer dans un épisode ! Toi, tu as une heure et demie ; eux, ils ont huit saisons ! Le cinéma a pris un grand coup. Après, « L’inconnu du lac », d’Alain Guiraudie, ça ne se fait pas en série ! » (Sylvie Pialat, Elle, 13 mars 2015)

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« Les tueurs en série me fascinent car ils me font peur. Le diable, les esprits, tout ça je m’en moque, car je sais qu’ils n’existent pas. Mais les psychopathes, eux, sont bien réels, et ils me passionnent. Jerry, le héros de « The Voices » est un serial killer malgré lui ; s’il tue, c’est sans le faire exprès. » (Marjane Satrapi – Paris Match, 5 mars 2015, à propos de son nouveau film sur les écrans le 11 mars)

220px-Joaquin_Phoenix_(2005)« Pour moi, les plus grands directeurs d’acteurs sont les cinéastes qui savent tisser un environnement favorable autour de vous et surtout le doser à la perfection. C’est peut-être un cliché d’utiliser une métaphore sportive, mais c’est presque comme un entraîneur de basket-ball, qui connaît à la perfection les forces et les faiblesses de son équipe pour perforer une défense, et qui est capable, sans passer son temps à haranguer ses joueurs, de leur dire quand il faut calmer le jeu plutôt que de presser trop vite vers la raquette adverse. Les meilleurs réalisateurs sont ainsi, ils savent vous faire décrocher, vous indiquer un groove plus juste quand vous poussez trop, quand vous cherchez à exprimer trop de choses à la fois. » (Joaquin Phoenix – Libération, 4 mars 2015)

 

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« En temps normal, je peux lire trois bouquins par semaine. Je suis tombée amoureuse de Rimbaud il y a longtemps, c’est l’homme de ma vie. Je sais qu’il était gay, mais, si j’avais vécu à son époque, j’aurais tout fait pour qu’il m’aime » (Louane Emera – Paris Match, 12 février 2015)

 

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« Plus on avance dans la vie, plus on prend conscience de sa fragilité. ON peut passer de vie à trépas en quatre minutes, c’est vertigineux. Moi, j’ai toujours connu ce vide. Comme vous l’avez lu, je suis né un 29 février. Quand j’étais môme, ça me faisait drôle ; j’avais l’impression de ne pas exister. Ma date de naissance était absente des calendriers. Pas une minute dans l’année ne m’était consacrée. Il fallait attendre quatre ans pour que ça revienne. Quand ça arrivait enfin, j’avais à peine le temps d’en profiter ; ça passait si vite. Maintenant, je m’en amuse, mais longtemps j’ai cru que je passais à côté de la vie. » (Gérard Darmon – Le Journal du Dimanche, 8 février 2015)

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« Ce n’est pas du tout nostalgique, car je ne pense pas que c’était mieux avant comme on l’entend trop souvent. Avant quoi ? La guerre d’Algérie, le mur de Berlin, la grippe espagnole ? Quand les femmes n’avaient pas le droit de vote ? Quand l’avortement était interdit ? On vit une époque tout à fait extraordinaire et privilégiée. Que je sois pas inquiet pour ma fille, qui a la rougeole, pas inquiet pour l’eau qui est potable, pour la nourriture… Ce sont déjà des privilèges complétement déments. On sort de soixante-dix ans de paix. J’aurais pun naître au Mozambique. On a construit l’Europe alors que, dans ma jeunesse, on traitait les Allemands de « frisés ».  » (Romain Goupil à propos de son film Les Jours venus, qui sort le 4 février- Le JDD, 1er février 2015)

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« Vieillir me va très bien. Je déteste vivre dans le souvenir. Ma carrière s’est déroulée sans ennui et sans emballement non plus. J’apprécie de voir au fil des ans la familiarité amusée que le public m’a longtemps témoignée, sans doute à cause des « Valseuses », se transformer en respect affectueux. Peut-être parce que les spectateurs ont été sensibles à des choses que je n’exprimais pas, à cause d’une enfance un peu compliquée que je n’ai jamais racontée. C’est le public qui a aimé la débutante maladroite à la petite voix que j’étais, et a fait de moi une actrice. Je lui suis infiniment reconnaissante. «  (Miou-Miou Le Journal du Dimanche –  25 janvier 2015)

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« J’adore les grandes villes, mais pour n’y rester que quelques jours à chaque fois. Très vite, les paysages me manquent. J’ai été élevé au bord de l’eau et les rivières, le flux, le mouvement sont essentiels pour moi. Mes films parlent des rapports de l’homme avec la nature car je suis convaincu qu’il est très dangereux de prétendre pouvoir couper cette connexion sans dommages. J’habite en Irlande dans la même maison depuis quarante-cinq ans. Elle est aussi située au bord d’une rivière et entourée d’arbres que j’ai plantés moi-même par milliers et que j’ai vu grandir. Parfois, je préfère mes arbres à mes voisins…. Plus je vieillis et plus je me sens vivre à leur échelle. Un ami qui partage la même passion que moi m’a dit à l’occasion de mon anniversaire : 80 ans, ce n’est pas vieux quand on est un arbre !«  (John Boorman Première, décembre 2014-janv 2015)

333516« Il ne s’agit pas de mon nez, qui ne m’a pas fait souffrir, mais d’un sentiment d’étrangeté qui m’a envahie à l’adolescence. Ma première grande déception amoureuse, ce n’était pas avec un garçon, c’était avec la lune ! Je lui parlais, j’aimais sa lumière. Quand j’ai découvert qu’elle ne brillait pas que sa luminosité venait du soleil, j’ai terriblement pleuré. Ce qui m’a soulagée, c’est la musique, c’est l’humour d’une poésie dada. L’art m’a aidée à me construite. » Rossy de Palma – Télérama, 27 décembre 2014)

Photo extraite d’Une heure de tranquillité, de Patrice Leconte

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« Je ne pense pas que les dirigeants chinois aient la moindre reconnaissance pour le côté powerfull de la femme chinoise que je pourrais représenter, mais peut-être ont-ils conscience de l’image de détermination des Chinoises, valeur que j’ai toujours défendue. » Zhang YimouLibération, jeudi 18 décembre 2014

AVEC DES MOTS« En 2015, je remets des choses en chantier. J’ai envie de me marrer. Ça commence par Lelouch. Et je relance « Brice de Nice ». Pas besoin de faire « Brice de Nice 2 », je passe directement au « 3 ». Si je veux mettre les doigts dans la prise, ce sera avec ce personnage. Et un jour, je reprendrai « OSS ». Michel attend que je devienne chauve et que je porte des lunettes : il a raison. Depuis deux ans, je croise des metteurs en scène à qui je dis chercher une comédie mouvementée. Pas une seule m’est arrivée. J’ai eu la trouille. Peur de ce dégageait mon image, peur du métier, de ma légitimité. On me disait : « Vu là où tu en es, tu n’as plus de problèmes. » Mais non. Dans dix ans, je serai plus vieux, l’Oscar sera loin. C’est maintenant qu’il faut y aller. »  ‘(Jean DujardinStudio Ciné Live – Décembre 2014- Janvier 2015)

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« Je pars régulièrement faire des marathons de tango partout dans le monde. J’y retrouve une communauté internationale de danseurs. On investit soit un bel hôtel, soit un endroit où l’on installe des dortoirs pour se reposer deux, trois heures avant de re-danser. C’est assez extrême comme aventure, mais c’est très addictif. » (Audrey FleurotTélérama, 19 novembre 2014)

SCRATCH

« Dans la plupart des articles, ce n’était pas le film mais moi qui étais attaqué . Sur le mode : ‘Pourquoi va-t-il tourner aux Etats-Unis ? Est-il légitime là-bas ? Pourquoi s’entoure-t-il tout le temps de stars ?’ Alors que je ne suis pas allé prendre les acteurs les mieux payés de Hollywood [Clive Owen, Billy Crudup, James Caan, NDLR]. J’avais même refusé un film avec Angelina Jolie et Johnny Depp [« The Tourist », NDLR]. Mon erreur a été d’aller à Cannes avec un montage inachevé qui durait quarante minutes de trop. Je reste persuadé que si ‘Blood Ties’ avait été réalisé par quelqu’un d’autre, il n’aurait pas été accueilli de cette manière. Je paie le succès des ‘Petits Mouchoirs’, mon césar pour ‘Ne le dis à personne’… Cela fait partie de la mentalité malheureuse qui règne dans notre pays. J’apprends à vivre avec. Tous les réalisateurs passent par-là. » (Guillaume Canet – L’Obs – 8 novembre 2014)

 

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« Moi j’ai été élevé avec des grands-mères qui faisaient les guérisseuses, mais personne ne l’a jamais su, chez les Berrichons, on préserve le mystère, on le respecte, on l’aime. Ce n’est pas le cas de la plupart de nos contemporains. «   Gérard Depardieu JDD – 2 novembre 2014

  220px-Pierce_Brosnan_Deauville_2014 » La manière dont le rideau est tombé sur mon aventure bondienne était… inattendue. D’un seul coup, on te retire ce qui cimente ta vie. Tu es dans ton jardin et des gens ferment la porte de ta maison. Toi, tu restes dehors, à regarder ce qui se passe à l’intérieur, par la fenêtre. Vraiment violent !   »  Pierce Brosnan Première – octobre 2014

541715« Au quotidien, il existe des instantanés de bonheur : un beau morceau de musique, le rire d’un enfant… Dans « Magic in the Moonlight », le personnage d’Emma Stone soutient que ces illusionnistes nous permettent de garder l’espoir et de vivre. C’est une vision très pessimiste dans la traditition de Freud et de Nietzche à laquelle j’adhère. La condition naturelle de l’homme est précaire et terrifiante. Pour réussir à se lever le matin, on doit se duper en permanence » et se bercer d’illusions !  »  Woody AllenLe JDD -19 octobre 2014

Isabelle_Adjani_Cannes_2009_2 » Il y a beaucoup d’artistes, comme Jamel, qui ont des choses à dire et partagent leur regard sur le société. Le premier à avoir pris une place aussi déflagratrice et remarquable d’intelligence, c’était Coluche. Nous sommes des véhicules d’opinion. Je déteste être prise pour une pasionaria, je ne suis pas une intervenante systématique. Mais, si on a besoin de moi pour une urgence et que je suis d’accord, j’y vais. Je ne me demande pas comment ça va être reçu, si certains vont dire :  » On l’aimait bien comme actrice mais là maintenent, avec ce qu’elle a dit, non.  » Il faut prendre des risques dans la vie. »Isabelle AdjaniLe Parisien – 27 septembre 2014

220px-John_McTiernan_at_the_Cinémathèque_Française_2 » Quand ma fille de treize ans regarde la télévision, qu’est-ce qu’elle voit ? « Game of throne ». Il se passe aujourd’hui la même chose qu’avec les artistes de 1880. Nous sommes encore dans la Grande Dépression. Ou plutôt, la grande Répression. On laisse les prédateurs marcher tranquillement dans la rue. Rien n’a changé ! La famille de ma mère était irlandaise. Ils ont émigré dans le Nord des Etats-Unis au XIXème siècle, parce que les riches propriétaires britanniques les ont chassés d’Irlande. Et bien, regardez-moi : je suis redevenu fermier, comme mes ancêtres, pour survivre.  » John McTiernanSofilm – septembre 2014

220px-Nastassja_Kinski_2009« J’ai commencé avec Wim Wenders dans « Faux mouvement », à douze ans.  Lui dit toujours que j’en avais treize. Sa femme, qui était aussi actrice, m’avait repérée dans une compétition de rock acrobatique et me l’avait présentée. J’étais très timide, et lui aussi. Alors sur le tournage de « Paris ,Texas », dans le désert, on était à notre aise : il y avait juste un McDonald’s et rien d’autre. »

Nastassja KinskiSofilm – juillet/août 2014

lonsdale7« Je l’ai bien connu à ses tout débuts, Gérard Depardieu. On avait joué ensemble dans quatre pièces de théâtre. Il était adorable, très serviable, il venait repeindre les meubles chez moi. A l’époque, il disait qu’il allait devenir le nouveau Belmondo. Et puis, après ça, il a changé. Quand il me croisait, il me disait à peine bonjour. Je n’étais plus d’aucune utilité pour lui. Plus il est devenu populaire, plus il est devenu insupportable. Une absence de considération pour les gens. Il a quand même fait de grands films , mais ça a duré quoi », dix ans ? Après, c’est devenu un commerçant. Moi j’aime les artistes, pas ceux qui courent après la gloire. »
Michael Lonsdale- Première- juillet,  août 2014 

009768« J’ai toujours aimé la force des femmes et la faiblesse des hommes. Quand Terminator appellera sa maman parce qu’il a une crise d’angoisse, il m’intéressera plus. Achille sans son talon n’a aucun attrait : c’est juste un gros balourd qui tape avec son glaive. »
Luc Besson- Paris Match, 7 août 2014

 

 

 

reda-kateb« Depuis un moment j’ai arrêté de me poser des questions de légitimité et d’identité. Je ne dis pas qu’elles n’ont pas existé. Elles ont beaucoup été présentes pendant mon adolescence ou durant les premières années de mon métier. C’est peut-être aussi pour cela que j’ai mis du temps à pouvoir affirmer quelque chose sur un plateau. Mais le théâtre m’a beaucoup aidé. En particulier lorsque vous jouez en milieu carcéral avec des gens en face de vous qui ont un vécu particulièrement fort. Et plutôt que la fiction soit au-dessus d’eux et leur apporte un moment d’évasion, il fallait, en tant que comédien dans nos improvisations, être à l’a hauteur de la vérité, la justesse des personnes rencontrées et des lieux traversés. Aujourd’hui encore, c’est un réflexe ancré en moi. »

Reda Kateb- Studio Ciné Live, juillet/ août 2014

220px-Helena_Noguerra_Deauville_2012 « Mon plus grand talent est mon culot. J’ose, je tape aux portes, je demande. Quand on me rejette, sur le coup, cela ne m’entame pas. Mais je me rends compte, avec les années, qu’un sentiment de tristesse s’est installé en moi, sans que j’en prenne  garde. Je réussis à le camoufler, même à mes propres yeux. Je suis joyeuse et soudainement je me dis que personne n’est jamais venu me chercher, que j’ai toujours tout obtenu à l’arrache, mais je repars aussitôt après. » Helena Noguerra- JDD, 13 juillet 2014

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« Jonathan Glazer est un véritable artiste, un visionnaire. Il faut savoir qu’à l’origine, le projet était très différent : il y a avait deux personnages principaux, un homme et une femme, qui formaient un couple d’extraterrestres infiltrés dans un petit village. Je crois même que Brad Pitt s’était intéressé à une époque à cette histoire. Ça relevait d’une approche plus traditionnelle de la science-fiction mais, quand on voit « Under the Skin », on comprend assez vite que Jonathan n’avait pas exactement l’intention de proposer une énième variation de « Rencontres du troisième type! » (Scarlett JohanssonPremière, juin 2014)

180px-Bayrou_Bercy_2007-04-18_n14« A la recherche de ces porteurs d’Histoire et d’histoires, je me suis dit que Kechiche était un cinéaste intéressant. Son rapport au langage, son rapport à l’immigration et à l’exclusion m’intéressaient. Mais je me suis rendu compte en faisant « Venus noire » que je m’étais trompé. D’abord, j’ai découvert son mépris des gens, que je ne peux pas supporter. Je ne peux pas laisser passer ça alors que c’est ce que j’ai toujours combattu. Pour moi, le talent s’arrête au non-respect des gens. J’ai également vite compris qu’il était incapable de travailler en équipe. Or, le génie, c’est savoir écouter les autres. C’est ce que j’ai appris au contact de Resnais, d’Abbas Kiarostami… Même Angelopoulos m’écoutait, et pourtant ce n’était pas le plus facile. » Marin Karmitz- Première – juin 2014

220px-Viggo_Mortensen_2012« Je voyage beaucoup. J’espère pouvoir toujours continuer à le faire. Enfant, mon rêve était d’être explorateur. Et c’est ce que je fais grâce à mon métier. Je ne me lasse jamais de découvrir de nouvelles choses. J’ai vu des lieux incroyables en Nouvelle-Zélande, en Islande, en Argentine… en Amérique du Nord aussi. J’habitais dans un très bel endroit sur une montagne au milieu d’une forêt, loin des gens. C’était avant que j’emménage en Espagne. J’adorais cet endroit. » Vigo Mortensen- Studio Ciné Live, juin 2014 

220px-TommyLeeJones07TIFF_cropped« Le Festival de Cannes est un formidable endroit pour partager son film car il célèbre tous les cinémas. En 2005, « Trois enterrements » avait reçu les prix du meilleur film et du meilleur acteur C’est formidable d’entendre les applaudissements de gens qui ont compris et aimé les émotions que vous avez voulu transmettre. Faire du cinéma est le plus beau métier du monde. Je ne regrette presque plus de ne pas être devenu cowboy. » Tommy Lee Jones- Le Journal du dimanche – 18 mai 2014

bertrand-blier« Dewaere et Depardieu s’entendaient bien au départ, ils s’entendaient bien après. Ils étaient très proches. Il y a toujours eu une petite rivalité entre les deux acteurs parce ce qu’ils se sont partagés les rôles pendant quelques années. Il y a même eu un moment où Dewaere était plus « bankable » que Gérard. Au point que quand j’ai fait « Buffet froid », mon producteur m’a dit : « Pourquoi tu ne prends pas Dewaere ? Ça marcherait mieux. » Ju lui ai dit : « Non, je l’ai écrit pour Gérard. » Mais quand ils jouaient ensemble, c’était le paradis. Sur « Préparez vos mouchoirs », la première scène, quand les deux, assis côte à côte, parlent dans la brasserie, c’est fantastique. A mon avis, c’est le meilleurs tandem du monde à ce moment-là. Je disais « moteur », on faisait une prise, deux prises, pas trois. Deux prises, c’était bon »

Bertrand Blier- Sofilm, mai 2014 (un numéro passionnant sur le cas Depardieu)

220px-Gérard_Depardieu_Cannes_2010« La mort ne me fait pas peur depuis que j’ai connu un coma magnifique de sept jours. Et puis mes morts sont présentes, je leur parle. Barbara, Pialat, mon fils Guillaume. Ces deux-là gardaient pourtant un visage en colère dans leur cercueil. J’ai tout fait pour faire revenir Guillaume de Roumanie où il était hospitalisé. Vainement. Là-bas, on lui a même volé la prothèse de sa jambe. Non, la mort n’est plus un mystère. A la lumière de Saint Augustin, je m’interroge davantage sur cette manière qu’avait le Christ de répéter « en vérité ». ‘En vérité, en vérité, je vous le dis. » Y a-t-il une autre vérité dans la vérité ? Et quelle est-elle ? Et qu’est-ce qu’on fait de la vérité ? Quand il n’y a pas de réponse, il faut trouver la force d’attendre. » (Gérard Depardieu, Télérama, 10 mai 2014)

 

188116Evoquant la sortie de States of Grace, (sur les écrans le 23 avril 2014) « J’adore l’intégrité de Lena Dunham et Greta Gerwig. Ce sont des modèles mais, il en faut d’autres. Plein de filles talentueuses ne demandent qu’à sortir de l’ombre.  »  (Brie Larson– Première-   avril  2014)

 

 

322727« Nous sommes de grands consommateurs d’antidépresseurs, exagérément moroses et pessimistes. Je suis d’une nature plutôt mélancolique, c’est comme un fond qui vient griser l’ensemble de mes expériences, même les plus heureuses. J’étais déjà comme ça, petite fille, sans raison particulière. »  (Catherine Deneuve– Télérama-  12 avril  2014)

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« Je sais que les femmes ont besoin d’être des princesses pour un jour, d’avoir une belle fête dont elles seraient le centre, mais ça ne m’a jamais fait fantasmer. Je trouverais ça très bizarre de changer de nom et de signer un papier pour m’engager aujourd’hui à aimer  la même personne dans quinze ans alors que nous ne serons plus les mêmes. Comment savoir ? N’y a t-il pas une forme d’inconscience là-dedans ? Mais si je suis totalement honnête, ma position est peut-être celle d’une cynique qui n’a jamais été demandée en mariage et n’attend que ça  » (Audrey Fleurot– Paris Match –  20 mars 2014)

 

 

 

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« Si j’avais voulu porter une robe de mariée, mettre du Rimmel et jouer dans des mélos ringards ou des comédies aberrantes, j’aurais eu beaucoup plus de rôles…  » (Amber Head– Première- mars 2014)

21056572_20131111110034525Avec Meryl Streep dans « Un été à Osage County »

« A mes débuts, vous étiez autorisé à avance par étapes. Vous faisiez un film et puis, au suivant, on vous attribuez plus de responsabilités et plus d’argent et vous aviez le temps de comprendre ce qui vous arrivait. Aujourd’hui, on vous catapulte dans l’arène. Le Web a donné naissance à une culture de la méchanceté. C’est trop facile de propager des rumeurs et de calomnier. C’est très dur pour de jeunes acteurs.  » (Julia Roberts – Elle –  21 février 2014)

520951« Je ne comprenais pas pourquoi Catherine Breillat me voulait. Je ne connaissais pas spécialement son cinéma. Je me souvenais juste l’avoir vue à « On n’est pas couché », il y a quelques années, au moment où elle préparait d’ailleurs « Bad Love », un film avec Rocancourt. Zemmour et Nauleau avaient été odieux avec elle et elle m’avait touché… Le scénario me plaisait mais j’y allais à reculons. C’est mon entourage qui me poussait… « Fonce, c’est un film de Breillat avec Isabelle Huppert, tu ne peux pas dire non ! » Et puis ma fibre de joueur de poker a parlé : j’ai accepté de rencontrer Catherine, comme ça, pour voir. Elle m’a proposé un essai. Il lui a plu. Humainement, le courant est très bien passé.  » (Kool Shen – CinéTéléObs –  13 février 2014)

Vincent_Lindon_Deauville_2013« J’aime les hommes capables de dire « t’as raison, j’ai eu tort. Qu’est ce que ça enlève de dire « je me suis trompé ? De la peau? Des cheveux ? De l’argent ? NOn, ça apporte un peu de panache. » (Vincent Lindon – Le JDD –  9 février 2014)

21048361_20131010131413082« Repenser à « Melancholia », ça m’amuse ! Ça m’amuse de me dire : « Ah le salaud ! Il m’a laissée me sentir mal… » Et puis, c’est moi aussi qui ai créé ça. Il s’est servi de ce malaise dans lequel je me suis mise toute seule, en projetant une complicité qui n’était pas là. De toute façon, je suis prête à excuser beaucoup de choses chez Lars. Je l’aime énormément, il me touche… J’ai l’impression qu’il ne me fait pas souffrir pour rien. » (Charlotte Gainsbourg – Le Monde –  29 janvier 2014)

Fanny_Ardant_2005« Je n’aime pas l’amour raisonnable, il faut aimer violemment. Les mères folles m’ont toujours intéressée, à commencer par Médée. Marguerite Duras dit des choses audacieuses et politiquement incorrectes dans cette pièce : la mère qu’elle met en scène aime la poésie de son fils, parce qu’il perd son temps dans les arbres, contrairement à  » tous ces veaux qui travaillent et la dégoûtent. » Elle dit : « Ça a des enfants et des appartements et des maisons de campagne, ces imbéciles ! » J’aime l’idée qu’une mère cautionne son fils quoi qu’il arrive. Je suis convaincue qu’avoir été aimé vous donne une force. » (Fanny Ardant – Paris Match –  9 janvier 2014)

220px-Depardon_2012_a« J’ai toujours eu l’impression que pour réussir un film, il fallait d’abord le penser. Ou plutôt qu’il y ait une pensée . L’image est une pensée  qui part du réel et qu’il faut structurer. » Raymond DepardonPremière, décembre 2013

220px-Cher_by_Ian_Smith« Je recevais dans les années 1980 des tonnes de scénarios, dont ceux, formidables, des « Sorcières d’Eastwick », d' »Eclair de lune »…. Je me suis soignée, je suis partie en tournée, le temps est passé… Aujourd’hui, je suis dans une position étrange. Je suis trop vieille pour être jeune et trop jeune pour être vieille au cinéma. Il faut de l’imagination pour me proposer un rôle. Je ne reçois pas beaucoup de scénarios. Plus vous vieillissez, plus c’est compliqué. »

Cher – Paris Match, 14 novembre 2013)

220px-Robin_Renucci_2013« Je n’aime pas la dimension providentielle, presque sacralisée, que l’on prête souvent aux artistes : ils ne sont pas les seuls détenteurs de l’imaginaire ! Les artistes sont avant tout d’anciens amateurs qui ont osé affirmer leur singularité après avoir rencontré des individus qui ont su leur donner confiance. Je dois beaucoup à Mme Martin, mon institutrice de maternelle, qui avait ouvert ses élèves sur le monde en leur faisant bâtir une case africaine. » (Robin RenucciTélérama -12 octobre2013)

Valeria_Golino,_Giffoni_Film_Festival_2011« J’en avais marre des allers-retours entre Los Angeles et l’Italie. Je n’arrive plus à nourrir l’idée d’une carrière ou d’une demi-carrière là-bas. A Hollywood, personne ne vient te chercher, il faut avoir une volonté de fer pour travailler. Alors, ils ont rien à foutre des états d’âme de Valeria Golino. » (Valeria GolinoPremière – septembre 2013)

stone-2« Les gens sont toujours effrayés de voir les autres tels qu’ils sont, avec leur âge réel. Vous savez, je n’ai pas du tout travaillé lorsque j’avais la quarantaine. Alors que c’est justement, pour les femmes, l’âge le plus spectaculaire, ou elles sont les plus belles. Mes les producteurs et les réalisateurs ne veulent pas montrer cela dans les films. Et puis le temps passe et, d’un coup, je me suis retrouvée à jouer des sexagénaires ! OU du moins, à interpréter des femmes qui ne font pas peur, de braves « mamans » avec des enfants de 20-25 ans. Je veux bien jouer cela mais c’est quand même difficile de passer de la blonde sexy à la dame d’un certain âge. Entre les deux, au summum de votre beauté, de votre sexualité, de vos compétences et de vos moyens intellectuels, il ne se passe rien ! Comme si vous étiez invisible. » (Sharon StoneL’Express – 14 août 2013)

220px-ChrisPineatCampArifjan_cropped« La série de « Star Trek » est un lointain souvenir d’enfance. Ma grand-mère devait la regarder et je trouvais, déjà, à l’époque très « camp », ces types en pyjamas. Mais, pour autant, il faut saluer une série qui mettait en scène une femme afro-américaine en vedette, un baiser entre un homme blanc et une femme de couleur, une Asiatique, un métis extraterrestre, et même un Russe à une époque où la guerre froide était à son sommet. Cela n’a peut-être plus l’air de rien aujourd’hui mais tout cela était d’un visionnaire absolu pour lequel j’ai un vrai respect.» (Chris PineStudio,  juin 2013)

220px-Asia_Argento_Cannes«Je suis une artiste à plein-temps, je fais de l’art quotidiennement. Surtout depuis un an. Ça peut vouloir dire écrire une seule ligne, un texte, ou autre chose. Mon ADN, c’est faire tous les jours quelque chose de durable, d’éternel. Je veux créer des choses qui me survivront.» (Asia Argento – Libération, 1 juin 2013)

« Mon rêve, ce serait de jouer mieux. C’est ça qui me motive avant tout. Je voudrais jouer aussi bien que Marion Cotillard. J’adore travailler dur. Mais, pour revenir à Gatsby, lui court après une image, un idéal de femme qui s’effrite à mesure qu’il l’approche. Tout le monde a comparé ça au rêve américain, ce désir fou de gravir à tout prix les échelons, d’amasser des millions. Moi, ce 220px-CareyMulligan-Aug-2012n’est pas ça que je cherche, je voudrais juste bien jouer. » (Carey Mulligan – Elle, 10 mai 2013)

220px-Céline_Sallette_04_02_2012« Je ne me sens pas du tout déconnectée du monde. Quand le matin, sur le chemin d’un tournage, je vois des petits vieux, ou des petites vieilles qui font la manche, bien sûr que je le reçois en plein. Je ne crois pas au mérité. Parce qu’il y a tellement d’autres facteurs. Les aléas de la vie, ce que tes parents t’apprennent et te donnent… Moi, j’ai reçu d’eux des milliards de choses affectives. Je me sens tellement forte ! Je n’ai peur de rien, franchement je peux tout enquiller. » (Céline Sallette -Next, 4 mai 2013)

MV5BMTk1Nzc5MzQyMV5BMl5BanBnXkFtZTcwNjQ5OTA0Mg@@._V1._SY314_CR6,0,214,314_« L’écologie est un combat. Pour la survie de notre planète, pour un avenir possible. Contre le pouvoir de l’argent, contre des pollueurs qui ont les moyens de nous faire croire que tout va bien. Les Américains voient à la télévision des publicités pour des sociétés qui déclarent participer aux économies d’énergie, alors qu’elles représentent une menace écologique. Or, ils n’ont pas le temps de se poser de questions, ils croient ce qu’on leur dit. Des gens comme moi peuvent être utiles pour faire entendre autre chose que de la propagande dans les médias. Il nous faut trouver un équilibre entre ce que nous devons développer et ce que nous devons préserver pour notre survie. » (Robert Redford – Télérama, 27 avril 2013)

220px-GusVanSant« Je ne suis pas militant, mais je recycle mes ordures et je m’intéresse depuis longtemps au réchauffement climatique. La question de la pollution des océans m’inquiète depuis les années 60 et j’ai été très marqué récemment par le documentaire « Les Seigneurs de la mer », du biologiste Rob Stewart sur l’importance de la sauvegarde des requins.  » (Gus Van Sant – Paris Match, 18 avril 2013)

220px-Susan_Sarandon_2_by_David_Shankbone« Je ne me suis jamais considéré comme rebelle mais plutôt comme quelqu’un qui pose des questions.  Or, la religion nous en dissuade depuis la nuit des temps. Eve a été expulsée du jardin d’Eden dès qu’elle a cherché à se nourrir à l’arbre de la connaissance, voilà la morale de cette histoire. » (Susan Sarandon – Première, mars 2013)

« 220px-Bradley_Cooper_2011Plus je vieillis et plus je me dis que la séduction est une échappatoire pour se cacher la vérité. Vous ne pourrez jamais contrôler ce que les gens ressentent à votre égard alors je pense qu’il faut d’abord essayer de rester soi-même. Certaines personnes sont séduites par l’image que vous dégagez pas par ce que vous êtes vraiment. Je pense que jouer un personnage, maintenir une image, finit par vous détruire. La meilleure chose est encore de rester vous-même et d’espérer que les gens vous aiment comme ça. » (Bradley CooperStudio CinéLive,  mars 2013)

220px-Dany_Boon_Olympia_20111210« Je n’ai pas fait ce métier pour être une star ni pour gagner de l’argent. Ce qui m’intéresse est de toucher les gens avec mes histoires. Je suis doué pour faire rire et cela fait vingt ans que cela plaît à mon public. Je dure car je suis proche des gens. Au moment des « Ch’tis »,mon statut a basculé de vedette à star. Il m’a fallu du temps pour m’y habituer. Même à la maison, j’ai eu besoin d’évacuer ce truc-là, je disais à ma femme : « La star va se brosser les dents. » (Dany BoonLe Figaro, vendredi 1er mars 2013)

20460899« Je ne suis pas sûre de savoir qui je suis. Je ne corresponds pas au cliché de ces actrices très belles et écorchées. Je ne veux pas montrer ce que je suis dans la vie, je veux rester neutre, comme une page blanche. Petite, je m’inventais des histoires : capturée par les Indiens, pirate, ou bien je me rêvais une maison et des enfants. » (Cécile de FranceLe Monde – 27 février 2013)

images« Avec Jacques Audiard, nous ne pensons pas « mélodies », nous réfléchissons aux textures, aux sons qui accélèrent la mise en scène, aux sensations. Quand les images d’Audiard sont sèches, ma musique est lyrique. Quand elles sont sombres, elle apporte la lumière. » (Alexandre DesplatLe Monde – 23 février 2013)

« guillaume-canetLe cinéma américain qui me plaît, celui dans lequel j’ai envie de me projeter, date des années 70, qu’il s’agisse de Cassavetes, Peckinpah, Schatzberg, Lumet, des premiers Scorsese... » (Guillaume CanetPremière– décembre- janvier 2013)

220px-Kad-Le_Petit_Nicolas-_Avant_Première« On adorerait être de vieux punks drogués,

mais on n’y arrive pas. » (Kad MeradSee– décembre 2012)

« Quand je fais un film, la musique me manque tellement que je suis contente de repartir en concert dans la foulée et vice versa. » (Izia HigelinStudio Ciné Live- décembre 2012)

« Le jour où j’arriverai à dormir la veille d’un tournage, ce sera très mauvais signe. Ça voudra justment dire que j’aurai « trouvé ma place » et que je n’aurai plus rien à désirer. » (Leïla Bekhti – VSD – 8 novembre 2012)

« L’essentiel d’une scène comique, c’est évidemment l’écriture. Même si certains arrivent quand même à faire rire avec des choses pas drôles et qu’autres peuvent être ridicules malgré un bon scénario. Après, il faut faire confiance à son metteur en scène et s’en remettre à sa bonne étoile.  » Dany Boon (Studio Live –  Novembre 2012)

« J’ai la conviction que, par définition, les questions à un metteur en scène sont toujours inutiles et indiscrètes. C’est ma marque de confiance que d’accepter d’être prise par la main et d’avancer à l’aveugle, sans méfiance. C’est mon explication.  » Isabelle Huppert évoquant le travail avec Chabrol et Haneke (Libération –  17 octobre  2012)

« Au Vietnam, quand j’étais soldat, on était tous défoncés, comme je l’ai montré dans « Platoon ». La dope m’a aidé à survivre. A garder mon humanité au milieu de l

« Nourrir d’états d’âme chaque geste ne résout pas l’essentiel, qui est la diction. Le but n’est pas de bien dire, comme les gens de la Comédie-Française d’il y a cinquante ans. Le but est de trouver le bon état. C’est par la pratique sonore de la phrase qu’on l’atteint. Par la fréquentation du texte, la connaissance de toutes ses variations possibles. Comme le professe Jouvet, un acteur, c’est une voix.  » Fabrice Luchini (Télérama –  22 septembre  2012)

« Je me rends compte qu’être une personnalité n’est pas facile à vivre pour l’entourage et que cela peut vous couper des autres, engendrer une forme de solitude. Je ne suis pas la seule à la ressentir. Je vois également que certains acteurs parviennent à surmonter cette difficulté mais je sais que ce n’est pas gagné.  » Catherine Frot (Paris Match –  15 septembre  2012)

« Mon père n’a jamais aimé la Nouvelle Vague, il était du côté du « cinéma de papa ». Un jour, je l’ai emmené voir « Une femme est une femme », de Jean-Luc : il était ivre de haine… Alors que moi, j’applaudissais à toutes les scènes. » Jean-Pierre Léaud (So Film –  septembre  2012)

« Comme la Bretagne, ma carapace est un peu rude. J’aime les choses physiques, me confronter aux éléments, faire du surf avec mes potes dans la baie des Trépassés. En même temps, j’ai du mal à cacher ma fragilité, ma sensibilité. J’ai besoin de cet environnement paisible. Alors, oui, cette nature me va bien. » Samuel Le Bihan (Paris Match – 9 août 2012)

« Il faut faire vivre les films et nos enfants, Mathieu et Rosalie Varda-Demy, y travaillent activement. On a déjà restauté « Les Parapluies de Cherbourg », « Les Demoiselles de Rochefort » et « Lola » en numérique. Et les autres suivront d’ici l’exposition Demy à la Cinémathèque que prépare Rosalie pour avril 2013. On aime Jacques donc c’est très facile pour nous de faire vivre ses films. C’est un plaisir de mémoire et non pas un devoir de mémoire. » Agnès Varda (Paris Match – 2 août 2012)

« Ma liberté est de pouvoir exercer un art très cher, le cinéma, avec mes lubies et mes muses, sans aucun garde-fou ni aucune interdiction. »(Quentin Tarantino, Studio Ciné Live – août-sept. 2012)

« J’échappe aux stéréotypes. Mais je les fuis aussi. Certains réalisateurs se montrent hyperfiers d’eux quand ils me proposent un rôle où je m’appelle Valérie. Je leur rétorque : « Je préfère me nommer Malika pourvu que le film ne fasse pas allusion à mes origines, exactement comme dans la vie. » A contrario, je refuse aussi les personnages de Valérie qui cumule les clichés. » (Leila Bekhti, Télé Obs –14 juillet 2012)

Le cinéaste entre Michel Blanc et Olivier Gourmet

« Je souhaitais approcher le pouvoir par les humeurs et les affects. J’ai parfois l’impression d’avoir filmé des démons » (Pierre Schoeller, réalisateur de L‘Exercice de l’état, dans Marianne, 29 octobre 2011)

« En ce moment, on a du mal à descendre dans la rue en France mais je sens que ça bouillonne en coulisses »

(Mélanie Laurent, Le Journal du dimanche, 30 octobre 2011)

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