CETTE MALADIE DU SIÈCLE

PRENDRE SOIN, de Bertrand Hagenmüller – 1h20

Documentaire

Sortie : mercredi 13 novembre 2019

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Prendre soin est un documentaire d’immersion dans le quotidien de quatre soignants au cœur des unités Alzheimer de maisons de retraite. Aux côtés de Claire, Luca, Antoinette et Lika on découvre ce qui rend le soin possible, les gestes d’un métier méconnu, fait de patience, d’habileté, d’intelligence, de tendresse et souvent d’amour.

Ce qui touche dans ce film ?

Pour écrire ce documentaire, Bertrand Hagenmüller, sociologue et réalisateur, ainsi que son co-scénariste Bernard Benattar ont puisé dans leur expérience personnelle. Ils racontent : « Depuis quatre ans, nous intervenons auprès des soignants d’Ehpad pour questionner avec eux la philosophie de la bientraitance. Ces nombreuses rencontres nous ont donné à voir un métier d’une incroyable humanité. Attention, écoute, habileté, tendresse… Les qualificatifs manquent pour décrire les qualités requises pour exercer ce métier. »

En tournant dans différents lieux, le duo offre un regard bienveillant sur cet univers sans pour autant en cacher la dureté. On voit ainsi des pensionnaires se disputer, parfois usant d’une vraie violence verbale; d’autres qui errent dans les couloirs, perdus dans leurs pensées… Mais, alors que la raison s’échappe et que la mort approche, il y a une vraie intensité des échanges entre les résidents et les soignants, sans doute soulignée par les choix de mise en scène de  Bertrand Hagenmüller qui souligne : « Nous avons voulu retranscrire ce quotidien, parfois douloureux, souvent lumineux. Loin de l’ambiance « hôpital », nous avons privilégié les couleurs chaudes, les plans serrés sur les visages et les mains… au plus près, au plus chaud de ces relations de proximité. »

Loin de toute vision caricaturale de la vie dans ces maisons de retraite, ce documentaire a le mérite de nous faire mieux comprendre ce métier de soignant, leur difficulté d’être et d’apporter un soutien à des personnages âgées qui vieillissent souvent dans une profonde solitude. Et il y a quelques jolies séquences comme celle où des pensionnaires font une sortie au bord de la mer et rencontrent des clubs de jeunes en pleine activité sportive.

Si Prendre soin n’évite pas toujours les redites – plusieurs fois, on a l’impression que l’on assiste au plan final alors que le doc rebondit – ce récit plein de tact nous fait partager au plus près ce qui est, sans doute, la maladie du siècle. Et fait le portrait saisissant de quelques personnalités fortes de soignants, de ces « héros ordinaires« , comme les surnomment le réalisateur.

 

 

 

Malgré la raison qui s’échappe et la mort qui approche, malgré le temps qui manque pour faire son travail, on est traversé par la beauté des échanges avec les résidents, la force des regards partagés et l’authenticité des liens qui se tissent. Loin des représentations habituelles, Prendre soin nous offre un regard poétique sur la relation qui se noue, jour après jour, entre soignants et résidents.

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