UNE AFGHANE PARMI TANT D’AUTRES

A THOUSAND GIRLS LIKE ME, de Sahra Mani – 1h20

Documentaire

Sortie : mercredi 6 mars 2019

Mon avis : 4 sur 5

Le pitch ?

Sur les pentes des montagnes mauves de Kaboul, où les cerfs-volants tournoient au-dessus des bazars, où règnent les croyances religieuses, Khatera, 23 ans, enceinte de son second enfant, brise le silence. Abusée par son père depuis son jeune âge, elle décide de prendre la parole. Ces quelques mots prononcés à la télévision, devant des millions de téléspectateurs, provoquent un séisme auprès des autorités politiques. Face à elle c’est tout un pays qui se lève. Déterminée à faire valoir ses droits, elle saisit la justice pour se défendre et faire reconnaitre son statut de victime. Comment porter plainte et être entendue ? Ce film coup de poing livre au jour le jour le combat d’une jeune femme à la volonté de fer.

Ce qui touche dans ce documentaire ?

Sahra Mani filme au plus près cette jeune femme abusée par son père et qui se bat pour recouvrer une certaine dignité et qu’on lui fasse justice. Dans un pays aussi figé dans les traditions  que l’Afghanistan, son combat relève du parcours du combattant. On le mesure notamment en voyant comment, poursuivies par ses oncles qui voudraient la faire taire pas tous les moyens, elle déménage sans arrêt avec sa mère et ses deux enfants, nés d’un viol paternel.

Frappée par la confession télévisée qui fit polémique dans le pays de Khatera, la réalisatrice a voulu aller plus loin et comprendre son histoire qui ressemble à un long calvaire. Elle souligne : « C’est avant tout la rencontre avec Khatera qui m’a poussée à faire ce film. Le fait de partager son intimité, sa lutte nous a beaucoup rapprochées. J’ai découvert à travers son témoignage combien il était important de transmettre son histoire personnelle pour permettre à des «milliers de femmes» qui traversent les mêmes épreuves de prendre conscience qu’elles ne sont pas seules et les encourager ainsi à prendre la parole. »Utilisant avec finesse le moindre décor, jouant sur la beauté géographique de Kaboul, mais qui ressemble à une prison à ciel ouvert pour les femmes, Sahra Mani a passé trois ans à suivre le combat opiniâtre de Khatera qui conduit – mais à quel prix ! – à la condamnation du père (il est condamné à la peine capitale) et à l’exil de la jeune femme pour la France. On ne peur être que très touché par le courage de cette jeune fille de 23 ans qui se bat pour obtenir réparation morale.

Dépassant largement le cadre de l’Afghanistan, ce documentaire fort pose haut et fort le problème des sociétés patriarcales où les femmes n’ont pas droit au chapitre, et il dénonce aussi le tabou de l’inceste.

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