LES ADOS PERDUS DE KITANO

KID RETURNS, de Takeshi Kitano – 1h43

Avec Masanobu Ando, Ken Kaneko, Susumu Terajima, Masanobu Ando

Nouvelle sortie : mercredi 9 août 2017

Je vote : 4 sur 5

Le pitch ?

Masaru et Shinji n’aime pas le lycée. Ils préfèrent traîner dans les bars, voler et glander. Masi un jour, deux ados reviennent accompagnés d’un ami boxeur qui met Masaru KO. Il décide alors de se mettre au Noble Art. Rapidement suivi par Shinji, lequel va se révéler bien meilleur boxeur. Dépité, Masaru va tenter sa chance du côté de la pègre locale…

Et alors ?

L’été est propice aux sorties de films restaurés. Tourné en 1996, Kid Returns mérite largement cet honneur, tant on reste sous le charme d’un récit imaginé par le cinéaste à un moment douloureux de sa carrière : outre un accident de scooter qui le laisse partiellement paralysé du côté droit du visage, Kitano gardait un souvenir douloureux de son précédent tournage, Getting Any ? qui a été, de plus, boudé par la critique et le public. C’est dans ce contexte qu’il tourne ce drame dont il dit : « Kids Return a (…) été le film du salut, de la rédemption. Je voulais faire un film simple, marquant un nouveau départ. Le but était qu’il divertisse, tout en atteignant un certain niveau artistique, afin, si possible, d’être apprécié par la critique internationale. »

Film de la renaissance, Kid Returns joue avec une dextérité absolue sur la multiplicité des points de vue avec, par exemple, les belles séquences de séduction amoureuse entre Hiroshi, le jeune homme timide, sous le charme de Sachiko, la serveuse du bar. Il y a aussi les scènes dans le lycée où Masaru et Shinji viennent semer une indicible pagaille face à des professeurs dépassés. Sans oublier le yakuza joué par Susumu Terajima, l’acteur fétiche du cinéaste. Un personnage qui permet au cinéaste de critiquer toute une nouvelle génération et leur manière de se comporter dans l’existence.

Filmé de manière aérienne, portée par la musique de son compositeur de chevet, Joe Hisaishi, ce film porte un regard sombre sur cette période d’adolescence où les dés sont jetés et où les chansons de s’en tirer des deux principaux protagonistes semblent de l’ordre de l’illusion. Conclusion de Kitano : « Kids Return est le genre de film, d’expérience qui vous marque. Quand je l’ai réalisé, c’est comme si j’étais monté dans une machine à remonter le temps. Après mon accident et l’immobilisation qui a suivi, Kids Return a été le film de ma réadaptation à la société. »

La nouvelle sortie de trois films de Kitano – outre Kid Return, figure à l’affiche, Hana-Bi et L’Eté de Kikujiro – offre une occasion pour mesurer une fois de plus la puissance d’inspiration du cinéaste et son sens de la direction d’acteur.

 

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