EMMA BOOTH EN RAVISSEUSE NEVROSÉE

LOVE HUNTERS, de Ben Young – 1h48

Avec Emma Booth, Ashleigh Cummings, Stephen Curru, Susie Porter

Sortie : mercredi 12 juillet 2017

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Australie, été 1987. Un soir, alors que la jeune Vicki Maloney se rend à une soirée, elle est abordée dans la rue par Evelyn et John White, deux trentenaires qui l’invitent chez eux. Sur place, elle comprend qu’elle est tombée dans un piège. Séquestrée, sa seule chance de survie sera d’exploiter les failles du couple…

Et alors ?

L’anonymat est roi dans cette énième film qui a la séquestration pour thème. L’anonymat d’une banlieue australienne impersonnelle avec ces rues droites et ses pavillons qui se ressemblent tous. Cela confère une atmosphère d’une banalité inquiétante à ce thriller qui joue sur deux tableaux : évoquant d’abord le jeune victime, il glisse tout doucement vers le portrait du couple de kidnappeur et de l’inquiétant John White, un homme pathétique, qui manipule sa femme Evelyn et l’empêche de voir ses enfants. Le tout étant filmé avec une violence permanente mais peu montrée à l’écran, sauf par quelques détails (le seau maculé de sang et dans lequel Evelyn récupère les godemichets par exemple).

Ben Young souligne ainsi ses ambitions :  » La chose a été entendue dès le départ : j’ai tout de suite précisé aux acteurs comme à l’équipe technique qu’on n’allait pas faire un film d’horreur mais un thriller psychologique, que ce qui m’intéressait était l’étude de personnes qui en tuent d’autres. À partir de là, on n’avait pas forcément besoin de montrer leurs crimes. Ni donc d’accentuer une violence graphique qui aurait détourné du propos. Je ne voulais pas que les gens parlent de Love Hunters en disant « Oh mon dieu, tu as vu cette horrible scène de viol ! » mais qu’ils restent concentrés sur les personnages. Évidemment, ça reste un film violent en soi, mais essentiellement sur le plan psychologique.  »

C’est dans cet affrontement psychologique que le film est le plus intéressant d’autant plus que, contrairement à bien des opus similaires, le cinéaste prend le temps et ne multiplie pas les séquences coup de poing. Ainsi dans celles où John part enterrer ses victimes au cœur d’une forêt impénétrable. Enfin, on mesure plus les névroses d’un John White par un regard, une voix à la douceur inquiétante que par une attitude franchement agressive. Et, de fait, quand il doit affronter celui dont il est le débiteur, l’homme semble bien fragile, physiquement dominé.

Indéniablement, Love Hunters sait tenir le spectateur en haleine et les comédiens sont tous bien dans le tempo. Emma Booth notamment sait exprimer toutes les fêlures de cette femme qui subit. Et, malgré l’horreur de la situation, elle parvient petit à petit à nous rendre presque touchante cette ravisseuse. Malgré tout, ce thriller ne parvient pas jusqu’au bout à nous surprendre car, dans la dernière partie, Ben Young perd un peu la froide distance qu’il avait avec son sujet et la chute, mélodramatique, repose sur des effets trop appuyés de la caméra. Malgré tout, ce film de séquestration a un style certain.

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