LE RETOUR DE KUSTURICA

A l’écran le 12 juillet, On the Milky Road voit le retour au cinéma, après dix ans d’absence, d’Emir Kusturica, deux fois Palme d’or au festival de Cannes. Un retour qui fut difficile.

Acteur, réalisateur, musicien tout terrain, Emir Kusturica, 62 ans, signe son douzième film, On the Milky Road, un film où se côtoient poésie et réalité et dans lequel il a le rôle principal. Il campe un laitier, Kosta, qui brave les balles perdues tous les jours pour livrer du lait aux soldats pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Mais, cette vie  est bouleversée par l’arrivée de Nevesta, une belle réfugiée italienne. C’est le début d’ une histoire d’amour passionnée et interdite les entraînant dans une série d’aventures rocambolesques. Dans Le Journal du dimanche du 9 juillet dernier il dit : « Je suis quelqu’un de romantique mais aussi de réaliste. La fiction la plus importante dans la vie, c’est l’amour. Voilà pourquoi ça fonctionne si bien au cinéma. Je voulais exprimer la connexion entre l’homme et la nature, qu’on a tendance à oublier parce qu’on est concentré sur l’économie. Nous ne possédons pas la planète, nous sommes sa propriété ! On terminera tous dans le trou tandis que les arbres continueront de pousser. Je suis très méfiant à l’égard de notre civilisation, qui ne se remet jamais en question. Nous traversons une période épouvantable à cause de nos erreurs passées. Depuis l’invention de la radio, nous expérimentons tous les moyens possibles pour nous contrôler les uns les autres. On ne peut pas rembobiner le film pour effacer nos conneries. On doit en payer le prix et assumer les conséquences. Nous entrons dans une phase de destruction finale. »

Pour revenir au cinéma après l’accueil mitigé de Promets-moi, en 2007, Emir Kusturica a eu des difficultés, malgré sa réputation, à financer ce nouvel opus. Et le tournage ne fut pas un long fleuve tranquille. « Il  a duré très longtemps et on s’est battu contre les éléments », dit le réalisateur. « On a surtout tourné en extérieurs car je recherchais des paysages qui transcrivent l’intimité des rapports entre les protagonistes – un homme et une femme qui tombent amoureux et qui sont prêts à se sacrifier dans la nature ».  En mêlant trois histoires différentes pour signer cette histoire de 2h05, le cinéaste annonce qu’il signe ici son dernier film inspiré par la guerre en ex-Yougoslavie. Il souligne : « Je tourne définitivement cette page-là, j’en suis sûr et certain. Pourtant, nous continuons à vivre dans un monde en guerre ».

Pour l’anecdote, dans le début du film, on voit le personnage campé par Monica Bellucci regarder Quand passent les cigognes, de Mikhail Kalatozov, Palme d’or à Cannes en 1957 et qui est l’un des films de chevet d’Emir Kusturica. Il ne reste plus au cinéaste qu’à attendre le verdict du public sur ce nouveau film « déglingué« .

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