QUAND CANNES SE LIVRE…

Sous la direction de Thierry Frémaux,  Ces années-là (*) revisite 70 éditions du Festival de Cannes à travers 70 chroniques. Un exercice intéressant mais  inégal.

En guise d’avant-propos à ce livre collector, Thierry Frémaux écrit : « Édifice majestueux et fragile, le Festival de Cannes repose sur quatre piliers : les auteurs, les stars, les professionnels et les journalistes. On évoque moins ces derniers puisque ce sont eux qui parlent des autres. Pourtant, du plus grand festival du monde, ils ont écrit la légende. » D’où l’idée évidente de demander à 70 figures de la profession de raconter, année par année, un moment du Festival.

A feuilleter ces courts chapitres qui se jouent de la mémoire des auteurs mais qui fait aussi de la mémoire collective des cinéphiles de tout poil, on revoit défiler bien des incidents majeurs mais aussi mineurs qui ont fait la vie de Cannes. On y passe donc aussi bien en revue les bras d’honneur de Pialat à ses détracteurs que les évènements qui bouleversèrent l’édition de 1968. Un an après l’interruption brutale du Festival, le jury décernera la Palme d’or à If, un film où les pensionnaires d’un collège anglais se révoltent et mitraillent leurs profs lors d’une distribution des prix.

L’intérêt du livre, c’est d’avoir recueilli aussi les témoignages de professionnels étrangers, – américains, italiens, russes, indiens, mexicains, turcs- ce qui prouve la résonance d’un tel Festival à nul autre pareil.

Ce parcours des souvenirs personnels est intéressant mais inégal selon les protagonistes. Parfois, le « Je me souviens » se résume à une anecdote qui n’est pas toujours palpitante. Et on mesure bien l’évolution vers un certain nombrilisme de la critique quand on aborde les années plus récentes où il est parfois plus question de tel confrère, de telle rumeur… que des films visionnés. En revanche,  avec un auteur tel Henri Chapier, le propos prend une hauteur certaine et nous permet de mesurer comment, en coulisses, se jouaient de belles escarmouches. Revenant sur 1966, il dit : « Je me souviens de la non-sélection de La guerre est finie, d’Alain Resnaix, au motif que l’Espagne de Franco s’estimait provoquée… Une projection eut pourtant bien lieu dans la plus grande bousculade, au cinéma Olympia de la rue d’Antibes – mais en marge du Festival. »

Enfin, la lecture permet aussi de se souvenir d’une époque, pas si lointaine, où le critique de cinéma n’était pas réduite à un exercice de passe-plat. Ainsi, en 1983, quand sur TF1, Yves Mourousi orchestrait une discussion en plateau où figuraient le critique de Libération et celui des Cahiers du cinéma. Et où l’on évoquait au Journal de 13 heures aussi bien Bresson qu’Imamura !  Je vous parle d’un temps…

 

(*) Ed. Stock

Les souvenirs de Thierry Frémaux

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