LE POLAR DE L’ÉTÉ

LE CAIRE CONFIDENTIEL, de Tarik Saleh – 1h50

Avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi

Sortie : mercredi 5 juillet 2017

Je vote : 4 sur 5

Le pitch ?

Le Caire, janvier 2011, quelques jours avant le début de la révolution. Une jeune chanteuse est assassinée dans une chambre d’un des grands hôtels de la ville. Noureddine, inspecteur revêche chargé de l’enquête, réalise au fil de ses investigations que les coupables pourraient bien être liés à la garde rapprochée du président Moubarak.

Pourquoi courir voir ce polar politique ?

Déboulant en France avec une kyrielle de prix – le Grand Prix du jury du Festival de Sundance ou encore la même récompense au Festival de Beaune, la Mecque du film policier en France – le film de Tarik Saleh avait pourtant bien failli de pas voir le jour car le sujet était plus que brûlant : Le Caire Confidentiel se passe en janvier 2011 à l’aube de la Révolution et l’histoire implique l’entourage direct du président Hosni Moubarak.Trois jours avant le début du tournage, Tarik Saleh a même été expulsé et il a dû récréer Le Caire à Casablanca en un mois.

Car, de séquence en séquence, ce film est une fiction sans cesse rattrapée par le réel. Confidences du réalisateur : « Ce qui compte ce n’est pas ce qui arrive mais comment ça arrive. Noureddine est notre guide, un prince de la ville. Vous apprendrez avec lui l’art de la corruption, les codes du milieu, la bonne attitude à avoir en fonction de son interlocuteur. Et puis il y a l’argent qui passe de main en main, les petits gestes à connaître. Vous apprendrez la beauté du pouvoir et la laideur de la vérité. »

Faisant un patient travail documentaire pour restituer précisément le climat de la capitale égyptienne au moment où gronde la révolte qui va mettre le régime à bas, Tarik Saleh sait, sur une intrigue classique, broder un récit qui brocarde la corruption qui gangrène le pays à tous les niveaux et décrit avec une vraie finesse cette société au bord d’un chaos imminent.

D’un grand nihilisme, le film est porté par le jeu de l’acteur libanais Fares Fares (on se souvient de lui dans Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow notamment) qui campe magnifiquement ce flic revenu de tout mais qui garde une certaine idée de son métier.

Avec un tel film à charge sur les dérives d’un régime, Tarik Saleh se voit aujourd’hui fermer les portes du pays de ses parents. Même si le réalisateur a beau se défendre en disant : « Le Caire Confidentiel n’est pourtant pas une menace pour la sécurité nationale, c’est juste une piqûre de moustique ! Je ne suis pas un activiste, encore moins un héros ! » En tout cas, ce polar envoûtant est la première vraie bonne surprise de l’été au cinéma.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s