UN WESTERN AFRICAIN

WÙLU, de Daouda Coulibaly (II)- 1h35

Avec Ibrahim Koma, Inna Modja, Quim Gutiérrez

Sortie : mercredi 14 juin 2017

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Ladji a 20 ans. Il travaille dur comme apprenti-chauffeur à Bamako. Lorsqu’on lui refuse une promotion qu’il estime avoir largement méritée, il décide de contacter Driss, un dealer de drogue, qui lui doit une faveur. Avec deux compères, Ladji plonge dans l’univers du trafic de cocaïne…

Et alors ?

Ayant grandi à Marseille, Daouda Coulibaly (II) est venu sur le tard au cinéma après avoir obtenu un DEA de philosophie/économie. D’abord régisseur puis monteur, il signe avec Wùlu un film, son premier long métrage,  qui plonge le spectateur dans l’Afrique en voie de développement et dans l’Afrique des grandes villes à travers un polar sur fond de trafic de came entre le Sénégal et le Mali. Commentaires du réalisateur : « Je réalise un premier court métrage en 2008 à Bamako. Très vite je me projette sur des histoires qui ont lieu en Afrique parce que j’ai envie de creuser l’idée d’être africain. Qu’est-ce que cela revêt, signifie ? Je me rends compte en vivant en France que l’image de l’Afrique que nous avons est celle véhiculée par les médias. On ne creuse pas très en profondeur. C’est la famine, la misère, les vastes paysages de savane… Ce n’est pas l’Afrique que je connais. On oublie qu’il y a des grandes villes en Afrique. J’ai envie de me servir du cinéma comme d’un outil pour la présenter autrement. « 

S’inscrivant dans la veine du thriller et du film noir le titre du film fait référence à un rite d’initiation bambara qui évoque l’importance de travailler pour la communauté –  Wùlu montre avec une certaine finesse le parcours d’un criminel en Afrique où il faut une certaine dose de courage (ou d’inconscience) pour basculer dans la marge. Le cinéaste tient à souligner : « Il faut vraiment ne plus rien avoir à perdre pour devenir un criminel en Afrique. J’ai vu des types se faire lyncher car ils avaient arraché un portefeuille. Face à une telle sentence, à un tel risque, à ce tribunal populaire qui exécute la punition immédiatement, comment fait-on pourtant pour franchir le pas ? »

La bonne idée du scénario, c’est de montrer comment Ladji bascule dans  la zone alors qu’il avait un parcours de plus classiques. Ce n’était pas un délinquant pur jus. Vivant à Paris, Ibrahim Koma joue avec beaucoup de conviction et de force ce jeune homme qui bascule de l’autre côté et l’on découvre une chanteuse, Inna Modja, qui parvient à exprimer plusieurs facettes de son personnage d’Aminata.

Western moderne, ce premier film a un certain souffle et offre un visage différent de celui que l’on a l’habitude de voir au cinéma sur l’Afrique.

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