Cannes 2017 : sculptural Vincent Lindon

Double présence française ce jour avec le retour de Jacques Doillon avec son Rodin, en compétition. Un rôle massif pour Vincent Lindon.

Pour la quatrième fois depuis 1979, et après une longue absence, Jacques Doillon renoue avec la Croisette. Dans Rodin, il prend le parti de raconter la vie du grand sculpteur à un moment particulier de sa vie. L’action se passe à Paris, en 1880 :  Auguste Rodin reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l’État : ce sera La Porte de L’Enfer. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, quand il croise la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement.

Deux ans après son Prix d’interprétation pour La Loi du marché où il était remarquable, Vincent Lindon retrouve Cannes avec ce rôle du patriarche de la sculpture. Un autre avant lui avait endossé la blouse du maître : Gérard Depardieu dans Camille Claudel en 1987. Pour Jacques Doillon, ce film, qui sort le 24 mai au cinéma, est né d’une commande et, ensuite, il y a posé sa griffe. Confidences : « Lorsque mon film précédent, Mes séances de lutte, est sorti, deux producteurs de documentaires m’ont contacté pour me dire qu’il leur avait fait penser à Rodin. Comme la célébration du centenaire de la mort du sculpteur se profilait, ils m’ont proposé d’envisager la réalisation d’un documentaire sur lui. Je connaissais son oeuvre, mais sans plus. J’avais été quelquefois au musée, voilà tout. J’ai accepté dans un premier temps, mais assez vite, j’ai imaginé des scènes de fiction pour mieux « faire revivre l’animal ». Au fur et à mesure de l’écriture, la fiction a pris de plus en plus de place, et je me suis aperçu que je n’étais pas intéressé ou capable de faire un film documentaire, qu’il me fallait des comédiens. J’ai donc décliné cette offre et j’ai continué à écrire, en me documentant, des scènes de « fiction ». La première écriture terminée, je suis allé voir Vincent Lindon  à qui le projet a plu. Vincent a mis en marche la machine :  Kristina Larsen a souhaité le produire, et voilà… ! »

Collant à l’univers de Rodin, le film a été tourné, durant le printemps 2016, à Chartres et surtout à Meudon, dans la vraie maison de l’artiste. Et c’est Izia Higelin qui campe aujourd’hui la muse de Rodin, Camille Claudel. Doillon souligne : « Elle s’est imposée à moi, car je voulais de la jeunesse et de la gaieté pour interpréter Camille Claudel. Je ne voulais pas la plomber d’entrée. Je ne l’avais pas vue jouer et ça m’allait bien. Je retrouvais les gènes virevoltants du père, avec qui j’avais travaillé vingt ans plus tôt. Elle avait une belle intensité, et une joyeuse vivacité ; ça me semblait très bien coller au personnage de Camille, à sa fantaisie joyeuse qui a tant séduit Rodin et à son exaltation qui pouvait vite tourner à l’orage. »

 

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