MONTMARTRE, L’ENVERS DU DÉCOR

Jusqu’au 14 janvier 2018, tout en haut de la Butte, le Musée de Montmartre propose une exposition très intéressante pour les cinéphiles mais aussi le grand public  : « Montmartre, décor de cinéma. » Petite visite guidée d’un lieu qui prouve que Montmartre ne fut pas source d’inspiration que pour les peintres.

Rien que pour ses jardins, les souvenirs des peintres qui, tels Renoir ou Suzanne Valadon, Maurice Utrillo et André Utter, ont marqué ses lieux, le Musée de Montmartre vaut le détour. Mais, depuis la m-avril jusqu’en janvier 2018, le Musée propose un autre motif de visite : découvrir comment les noces de Montmartre et du cinéma ne datent pas d’hier. Dès 1896, un cinématographe Lumière avait trouvé sa place dans les magasins Dufayel. Bientôt suivi par les salles de projection installées le long des Boulevards.

L’exposition permet, en outre, de découvrir comment la Butte  (mais aussi Pigalle) a inspiré les films et qui ont donné à ce décor une place dans l’imaginaire des spectateurs. Du Sacré-Cœur, construite sur la déroute des Communards, au Moulin-Rouge en passant par la rue Lepic, ce quartier offre, il est vrai, des lieux idéals pour raconter des histoires avec, en toile de fond, la mémoire de tous les peintres qui, de Toulouse Lautrec à Picasso, y officièrent.De Lubitsch à Jeunet, et sa célèbre Amélie Poulain – et même si ce film n’est pas celui qui restitue la vraie âme de Montmartre – l’exposition très riche permet au visiteur de mesurer à quel point ce quartier fut une source d’inspiration des plus variée. Il est vrai, entre ses lampadaires, ses escaliers, ses vieilles maisons, et ses ateliers d’artistes, l’arrondissement cher à Marcel Aymé et à Céline, offre mille points de vue pour des histoires d’amour et de fête ou des récits de truands et de prostituées.

Depuis le premier film de fiction tourné au pied de Montmartre, L’Attrait de Paris, de Gérard Bourgeois, en 1912, bien des opus furent tournés ici. Feuillade y fera évoluer Juve et Fandor du côté du métro aérien entre Barbès et Anvers; Jean Renoir y situera l’action de son French Cancan et pour Pigalle, Karim Dridi utilisera ce cadre citaden mais aussi l’envers du décor parfois de carte postale pour conter une histoire singulière et dérangeante.

Mais « Montmartre, décor de cinéma » est plus qu’une évocation du cinéma : c’est aussi un lieu qui font découvrir au grand public tout ce qui entoure la création cinématographique, des scénarii annotés aux dessins préparatoires en passant par les affiches. On peut y voir par exemple la maquette du décor d’Alexandre Trauner pour Paris Blues de Martin Ritt. Ou encore la très mystérieuse affiche conçue par Jean-Denis Malclès pour Juliette ou la Clef des songes, de Marcel Carné en 1951.

Tout au long de la visite, par un astucieux principe d’audio-guide, le visiteur peut plonger dans l’univers sonore d’un film dont des extraits sont proposés au détour d’une pièce. En terminant le périple par Woody Allen et son Midnight in Paris, tourné en 2010.

Bref, une exposition qui permet de mesurer que, pour les cinéastes, Montmartre ne fut pas qu’un piège à touristes mais une vraie source d’inspiration.

 

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