UN SUPERHÉROS MODERNE DÉCALÉ

ON L’APPELLE JEEG ROBOT, de Gabrielle Mainetti – 1h58

avec Claudio Santamaria, Luca Marinelli, Ilenia Pastorelli

Sortie : mercredi 3 mai 2017

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Poursuivi par la police dans les rues de Rome, Enzo plonge dans le Tibre et est contaminé par une substance radioactive . Il réalise bientôt qu’il possède des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaines qu’il décide de mettre au service de ses activités criminelles.  Du moins jusqu’à ce qu’il rencontre Alessia, une jeune fille fragile et perturbée qu’il sauve des griffes de Fabio, dit « Le Gitan », un mafieux déjanté et violent. Témoin des pouvoirs d’Enzo, Alessia est persuadée qu’il est l’incarnation de Jeeg Robot, héros de manga japonais, présent sur Terre pour sauver le monde.  Mais Enzo va être forcé d’affronter Le Gitan qui veut savoir d’où vient cette force surhumaine.

2 raisons d’y aller ?

Un thriller mené tambour battant. En se jouant des codes du genre, en faisant des clins d’œil permanent à l’univers des mangas (le film fait référence à Kotetsu Jeeg créé par Go Nagai), Gabrielle Mainetti signe un film qui brouille les pistes, mélange d’action brute, avec des séquences parfois très violentes, d’opus social – la peinture d’une banlieue pauvre- et d’humour noir.

Pour son premier long métrage, le réalisateur italien, déjà remarqué pour des courts métrages (Tiger Boy, en 2012), signe une histoire ambitieuse. Il confie : « Pourquoi un super-héros italien ? J’aime le cinéma de genre et je pense que celui des super-héros représente le défi le plus complexe et le plus dangereux. À mon avis, faire un bon film signifie raconter une histoire avec originalité. Lorsque l’on aborde un nouveau genre, il est difficile de ne pas tomber dans l’imitation. Nous ne voulions pas raconter les aventures d’un Superman en collants. Il fallait persuader les spectateurs de croire en lui dès le début. Comment ? C’est par les vérités propres à notre tradition, par la fragilité des personnages, que le public se laisse, j’espère, emporter dans une histoire urbaine remplie de super pouvoirs ».Une mise en scène qui dépote. Entre la poursuite d’ouverture, la scène finale de l’attentat, certains affrontements dans le chenil du gitan, le film ne manque pas de morceaux de bravoure où le spectateur plonge dans une violence ordinaire. A cet égard, Gabrielle Mainetti n’évite pas à certaines facilités et à la tentation de scènes de pures hémoglobine qui sont parfois un brin lourdingues (tel ce gros plan sur la tête coupée du truand). En revanche, dès qu’il suggère, l’effet est nettement plus efficace. Pour la petite histoire, le cinéaste a du faire preuve d’inventivité pour tourner dans le stade olympique de Rome : il a utilisé une petite caméra en faisant semblant de faire des photos car il n’avait pas l’autorisation de filmer les spectateurs à l’intérieur.

Un duo solide d’acteurs. Tant Claudio Santamaria (il a pris vingt kilos pour le rôle ce qui lui donne un côté un peu empâté qui contraste avec sa force) que  Luca Marinelli signent des compositions parfaites dans le rôle de ces deux héros ennemis et dont l’affrontement final tourne au combat de titans. La force de leur interprétation tient aussi à la description néoréaliste du film qui montre très bien la banlieue pauvre de Rome dans une description que n’aurait pas désavoué un Pasolini. Avec, en troisième personnage, le rôle de cette jeune fille dérangée, très bien campée par Ilenia Pastorelli -révélée par une émission italienne de télé-réalité, et qui fait passer bien des émotions dans un visage marqué par une peur de vivre.

Pastiche de notre monde de l’hyper-connection, cette histoire du superhéros pas comme les autres est un cocktail visuel assez détonnant…

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