UN COMBAT POUR LA DIFFÉRENCE

PLUS JAMAIS SEUL, d’Alex Anwandter – 1h21

avec Sergio Hernandez, Andrew Bargstead, Jaime Leva

Sortie : mercredi 3 mai 2017

Je vote : 2 sur 5

Le pitch ?

Santiago du Chili. Pablo, un jeune lycéen, se découvre une passion pour le cabaret. Mais un jour il est victime d’une violente agression homophobe qui le laisse dans le coma. Bouleversé, Juan, son père, met tout en oeuvre pour trouver les coupables…

Ce qui est touchant dans ce film ?

Chanteur-auteur- compositeur célèbre en Amérique latine, Alex Anwandter s’est inspiré pour son scénario d’une histoire vraie : en 2012, un jeune homme, Daniel Zamudio, a été victime d’une agression homophobe à Santiago du Chili. Il a été abattu après avoir été torturé. Suite à cette tradégie, une loi anti-discriminatoire a été votée : la loi Zamudio.

Daniel était un fan de Alex Anwandter qu’il avait rencontré et, bouleversé par ce meurtre, l’artiste a décidé de s’inspirer du drame pour tourner son premier film. Il confie qu’il a voulu restituer un « Santiago imaginaire » : « Créer une fiction à partir d’un épisode réel permettait d’ouvrir la discussion… Il ne s’agit pas d’un quartier spécifique, mais plutôt d’un panel de quartiers différents de la classe moyenne. De la même manière, la plupart des personnages n’ont pas de nom de famille. Je voulais ainsi renforcer le côté universel de cette histoire. »

Il y parvient dans toute la première partie du film qui décrit le quotidien de ce jeune lycéen, fasciné par l’univers du cabaret, homosexuel et soutenu par son père, malgré le poids du regard de certains et des proches.  Un des atouts du film tient justement à la fonction paternelle, un hétérosexuel d’âge mur, qui ne juge pas mais aime simplement son film. Le cinéaste a eu, en prime, la riche idée d’en faire un cadre dirigeant d’une usine de mannequins. « Pour moi, dit-il justement, le mannequin représente l’abstraction de ce qu’un corps devrait être. » Et, dans ces séquences étranges, le film ne peut que nous séduire.

Ce qui est moins convaincant ?

C’est parce que la personnalité du père confère une grande force au récit que la dernière partie du film perd le spectateur. En effet, et justement parce que l’idée d’une vengeance ne renvoie pas « simplement » à la mise en œuvre d’une loi du talion, la fin du film ne répond pas à l’attente provoquée chez le spectateur et semble un brin confuse. Et on se demande aussi s’il était dramatiquement nécessaire que le personnage du médecin soit aussi une homosexuelle, comme s’il fallait obligatoirement rajouter un symbole de plus dans un récit qui l’est déjà suffisamment.

C’est ce qui déçoit au final dans un film très bien joué et dont les séquences violentes sont menées avec une grande maîtrise et sans complaisance pour montrer à quel point l’homophobie reste une névrose profonde de nos sociétés. Ne manquant donc pas d’originalité, ce film souffre d’un scénario qui finit quand même en cul-de-sac.

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