JEAN GABIN, JAMAIS PAREIL

TELE

UN FRANÇAIS NOMMÉ GABIN, d’Yves Jeuland et François Aymé – 1h45
Documentaire
Diffusion : France 3, vendredi 28 avril, 20h55
Je vote : 4 sur 4

Quezako ?

Enfant, Jean Alexis Gabin Moncorgé avait deux rêves : devenir fermier et conduire des locomotives. Mais il sera acteur et, par la grâce du cinéma, ouvrier, routier, patron, flic, truand, président, conducteur de locomotives… Sa vie va se confondre avec l’histoire de France et du cinéma. Du Front populaire aux Trente Glorieuses, Jean Gabin incarnera le pays, la France des villes et des champs de bataille, la France des fermes et des usines… Les Français se reconnaîtront en Gabin. Ce documentaire revient sur le parcours particulier et sinueux d’un acteur le plus emblématique de son siècle.

Et alors ?

Il y a autant de connaissances que de plaisir gourmand dans ce portrait qui raconte le parcours plus que contrasté d’un acteur qui fait aujourd’hui partie des meubles de famille. On croyait le connaître sur le bout des films, on le découvre, tout en nuances, dans le documentaire savoureux à lui consacré par Yves Jeuland et François Aymé. Ils déclarent : « Les extraits de cinéma et les archives ont permis de nourrir notre roman, de lui donner de la chair, de replacer le spectateur dans l’atmosphère de chaque époque. Il fallait que le public voie ou revoie avec plaisir et émotion les scènes mythiques de Jean Gabin et qu’il découvre ses œuvres plus rares au charme persistant. Il fallait qu’il vive son histoire. »
De fait, ce qui étonne dans cette première biographie exhaustive sur Gabin, c’est de découvrir un nombre impressionnant d’archives en tout genre (celles étonnantes et américaines de son idylle avec Marlène Dietrich, le grand amour de sa vie, ci-contre dans Martin Roumagnac, en 1946) ou celles de son passage chez les fusillés marins qui marquera à jamais la vie de cet homme et artiste courageux : il fut un des rares acteurs à s’engager physiquement dans la Seconde Guerre mondiale.

Avec un tel retour en images, on mesure la modernité du jeu d’un comédien qui a connu deux carrières et une vraie éclipse qui le conduisait à douter à à vouloir changer de cap professionnel. On mesure son importance cinématographique quand on voit comment, entre 1935 et 1940, il tourna une dizaine de chefs d’œuvre, comme La Belle Équipe, Les Bas Fonds ou encore Quai des brumes. Et même s’il tenta une carrière américaine durant la guerre, il n’a pas persévéré en disant : « Je ne peux jouer qu’en français. » Et puis, il y eut l’embellie de la deuxième carrière durant les Trentes Glorieuses où il marquera bien des films policiers comme Le Clan des Siciliens mais aussi des drames comme L‘Affaire Dominici ou Le Chat.

Il est juste dommage, même si le film marque le début de sa deuxième carrière, que France 2 n’ait trouvé que Le cave se rebiffe pour compléter ce portrait passionnant. Et dont Jacques Prévert a résumé le jeu d’une des formules dont il avait le génie : « Gabin, toujours le même, jamais pareil. »

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