LA MONTRE DU MALHEUR

 

GLORY, de Kristina Grozeva et Petar Valchanov – 1h41

Avec Margita Gosheva, Stefan Delnolyubov, Kitodar Todorov

Sortie : mercredi 19 avril 2014

Je vote : 4 sur 5

Le pitch ?

Tsanko, un cantonnier d’une cinquantaine d’années, trouve des billets de banque sur la voie ferrée qu’il est chargé d’entretenir. Plutôt que de les garder, l’honnête homme préfère les rendre à l’Etat qui en signe de reconnaissance organise une cérémonie en son honneur et lui offre une montre… qui ne fonctionne pas. Tsanko n’a qu’une envie : récupérer la vieille montre de famille qu’on ne lui a pas rendue. Commence alors une lutte absurde avec le Ministère des Transports et son service de relations publiques mené par la redoutable Julia Staikova pour retrouver l’objet.

3 raisons d’aller voir ce film ?

Un drame fort. À partir de la banale histoire d’une montre égarée, le duo des cinéastes signent un conte cruel de la vie moderne, à travers un embrouillamini qui tourne tout doucement au tragique. Un scénario qui a été inspiré par une histoire vraie comme ils le racontent  : « Un cantonnier trouve un tas de billets sur les rails et les remet à la police, et il reçoit en récompense une montre qui ne fonctionne plus au bout de quelques jours. Dans une interview qu’il a donnée plusieurs années après, le cantonnier déclare que s’il trouvait à nouveau un tas de billets par terre, il passerait simplement son chemin. Pourquoi cette déclaration ? Cela nous a intrigués et notre imagination s’est mise au travail ». L’idée astucieuse du duo, c’est d’avoir accompagné le récit principal d’une deuxième histoire, celle du couple de l’attachée de presse du ministre qui essaie, par tous les moyens médicaux modernes, d’avoir un enfant, alors que Julia Staikova atteint un âge où enfanter devient difficile sans recours à des traitements médicaux.

Un récit ironique sur la corruption politique. En mettant en lumière la corruption qui gangrène la société bulgare jusque dans les plus hautes sphères politiques, les réalisateurs parviennent à signer un récit qui prend une valeur universelle. Une peinture à la Mungiu qui n’exclut pas des moments où l’humour est roi. Ainsi quand les conseillers en communication ou le caméraman prêtent un pantalon ou chemise au cantonnier afin qu’il fasse bonne figure sur le petit écran. De la sorte, ils dénoncent les dérives d’une société de communication politique à tout vent. Comme ils montrent comment le mobile est devenue l’enfer d’une société dite mobile. A cet égard, les séquences chez le gynécologue se passent de tout commentaire…

Des comédiens parfaitement au diapason. On retrouve dans ce film les deux comédiens qui jouaient déjà dans The Lesson, le dernier film du duo. Et ils sont tout à fait excellents. Margita Gosheva campe cette communicante dénuée de tout scrupule et qui est prête à tout pour défendre un ministre corrompue. Quant à Stefan Denolyubov, il est absolument étonnant dans la peau de ce cantonnier taiseux et… bègue et qui parvient à faire passer un nombre incalculable d’émotions avec une grande économie de jeu.

Bref, un pamphlet contre l’univers médiatico-politique qui dépasse largement les seules frontières de la Bulgarie. Une histoire aussi originale que nécessaire !

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