LES DÉFIS DES SIRÈNES MODERNES

PARFAITES, de Jérémie Battaglia – 1h16

Documentaire avec Marie-Lou Morin

Sortie : mercredi 5 avril 2017

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Derrière les paillettes et les sourires de la  natation synchronisée se cache un sport où se mélange le culte de la beauté et de la performance ainsi que des exigences athlétiques qui dépassent les limites de l’imaginable. Parfaites retrace le parcours émouvant et inspirant de Claudia, Marie-Lou et toute l’équipe nationale canadienne qui les mènera jusqu’aux qualifications olympiques à Rio de Janeiro. Face aux nombreux sacrifices à faire et aux défis à relever, réussiront-elles à concrétiser leur rêve ? Et à quel prix ?

Ce qui touche dans ce doc ?

Pour ce premier long métrage, Jérémie Battaglia a choisi de plonger dans le grand bain de la natation synchronisée, l’un des seuls sports à être exclusivement féminin et qui a été créé au début du XXe siècle, avant de devenir, en 1984, un sport olympique.  « Depuis le début de ma pratique documentaire, je me suis toujours intéressé aux débats qui tourmentaient notre société, que ça soit un bulletin de vote ou une casserole à la main. J’ai ce désir de redonner la parole aux citoyens, de m’effacer derrière leurs mots et ainsi combattre les idées reçues, les miennes avant tout, et créer des ponts entre ceux que les idées opposent » déclare le cinéaste qui filme ici les rêves olympiques d’une équipe féminine qui sacrifie bien des choses pour parvenir à ses fins.

Certes, il faut être un peu mordu de sports et d’efforts pour suivre sans décrocher ce documentaire qui s’est glissé dans le quotidien de ces sportives qui parlent sans détour de leurs combats, des sacrifices. Et qui subissent les entraînements intensifs de Meng Chen, une coach ne laissant rien au hasard et poussant son équipe toujours au bout de ses limites.

Outre les témoignages de Marie-Lou Morin qui servent un peu de fil conducteur au documentaire, l’opus touche par la qualité des images : par sa mise en scène solide, Jérémie Battaglia parvient à nous faire ressentir au plus près ce que doivent faire les filles sous l’eau, et comment elles doivent sourire en masquant les épreuves physiques endurées pour parvenir au plus haut niveau. Le cinéaste poursuit : « Je voulais jouer avec l’imagerie un peu kitch de ce sport et évoquer une sorte de fragilité pour créer le contraste avec la dureté de ce qu’elles vivent dans le documentaire. Ces séquences ramènent donc toujours au contraste, à ce mélange de beauté souriante hors de l’eau et d’efforts surhumains dès qu’on plonge sous la surface. Ainsi le regard du spectateur évolue au fur et à mesure et on accepte cette dualité : la féminité peut s’accompagner de la force et la beauté être liée aux blessures et à la douleur. »

Ce film sur des passionnées a le mérite de lever le voile sur cette discipline peu médiatique et de nous faire comprendre ce qui motive les championnes.

 

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