L’ÎLE DES ADULTES PERDUS

WEREWOLF, d’Ashley McKenzie – 1h18

Avec Andrew Gillis et Bhreagh MacNeil

Sortie : mercredi 22 mars 2017

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Sur l’île canadienne de Cap-Breton, Blaise et Nessa, deux jeunes marginaux, vivent de petits boulots. Ils tondent les pelouses pour quelques dollars et font du porte-à-porte pour demander de l’aide.
En quête de stabilité, le couple s’inscrit à un programme de sevrage à la méthadone : tandis que Nessa se bat pour s’en sortir, Blaise s’approche dangereusement du point de non-retour.

Et alors ?

Pour son premier long-métrage, Ashley McKenzie s’est inspirée d’une rencontre. Il raconte : « Il y a environ cinq ans, mon producteur Nelson MacDonald et moi étions à Cap-Breton, notre ville natale. Dans la rue où vivent mes parents, nous avons vu un jeune couple débouler avec une tondeuse. Ils ont commencé à frapper chez nos voisins. Lui tambourinait à l’entrée, elle, à l’arrière de la maison. Ça a attiré notre attention : dans cette petite ville, ce comportement n’a rien d’habituel ! Personne n’a ouvert la porte. Troublés par cet incident, nous en avons parlé autour de nous. Les gens nous ont alors dit qu’ils connaissaient bien ces « accros au crack ». C’est ainsi qu’ils les appelaient. » Et l’idée du film a fait son chemin. Elle reprend : « Dans une petite ville comme la nôtre, tout le monde se connaît. Nous les avions forcément rencontrés à un moment ou à un autre, à l’école ou via des connaissances communes. Sans chercher nécessairement à reprendre contact avec ce couple, nous avons eu envie de reconstituer sa vie. »



C’est donc l’histoire symbolique de loup-garou dont il est question (le titre du film en est la preuve) à travers le portrait de ces deux jeunes qui ne peuvent que se transformer, tant ils restent prisonniers de leur addiction. « Je laisse la porte ouverte aux interprétations. Je voulais surtout raconter l’histoire de Nessa face au personnage très volatil de Blaise. Ils deviennent dépendants l’un de l’autre. Blaise lui brise le cœur. C’est dur d’aimer quelqu’un comme ça et d’en prendre soin« , note la cinéaste qui filme la lente dégradation des relations dans le couple.

Ce récit nous plonge ainsi sans pathos au cœur de la vie de ces déclassés qui tentent de trouver un job pour se sortir de la drogue et ce, dans cette petite ville où tout le monde  se surveille. La cinéaste trouve un ton juste pour décrire la routine de ces journées. Elle tire le meilleur parti d’un tournage au budget serré et, par les cadrages serrés, les décadrages aussi, parvient à nous faire ressentir les fissures progressives du couple, les difficultés d’être ensemble face au danger de la dope.

Quant aux deux acteurs principaux, ils insufflent une belle énergie dans cette histoire qui montre notre inégalité face à toute dépendance. On peut juste regretter un scénario un peu court pour maintenir une intensité de bout en bout à ce drame moderne.

 

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