C’EST TOUJOURS (JOUR) DE FÊTE !

Premier long métrage de Jacques Tati, Jour de fête remporta le prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise en 1949 et  le Grand prix du cinéma français en 1950 à Paris. Cette année, on fête dignement  ses 70 printemps à Sainte-Sévère-sur-Indre.

Du 29 avril au 1er octobre,  Sainte-Sévère-sur-Indre fêtera, comme il se doit, le film qui l’a rendu célèbre : Jour de fête, de Jacques Tati. C’est dans ce patelin situé près de Bourges que le futur cinéaste s’était réfugié pendant la guerre et il  avait promis de revenir. Il y tournera ce film dont les habitants furent les figurants heureux. Ces six mois de tournage ont à jamais marqué  l’histoire de Sainte-Sévère-sur-Indre (Follainville dans le film), où une maison dédiée au film  y a  été ouverte, afin de permettre aux visiteurs de se plonger dans l’univers de Tati.

A l’époque, Tati avait eu quelques audaces techniques. Alors que la plupart des films se tournaient en noir et blanc, il a utilisé deux caméras : une en noir et blanc et une équipée d’un système expérimental, le Thomsoncolor. Les bobines en couleur n’ont jamais pu être utilisées, les producteurs n’ayant pas les moyens financiers pour les développer. C’est en 1995 que l’on a découvert le long-métrage en couleurs, au moment de sa sortie en version restaurée.

Si le village est toujours resté fidèle à Tati, il a prévu une fête spéciale pour les 70 ans du film, avec  un parrain de choc : Pierre Richard, un digne héritier d’un certain esprit burlesque à la française. Outre sa présence fin avril pour inaugurer les festivités, il sera à l’honneur d’une riche programmation où l’on diffusera notamment son dernier rôle : le très poétique Paris pieds nus, de Dominique Abel et Fiona Gordon. Evoquant son amour du burlesque, le comédien au physique élastique disait récemment : «Outre la distraction et la maladresse, le burlesque c’est aussi le décalage du personnage dans une société, un contexte».Une réflexion qui colle parfaitement à l’univers d’un Tati. Ou d’un Buster Keaton bien sûr.

Cette célébration sera encore l’occasion de fêter l’humour anglo-saxon à travers des courts métrages. Le mot de la fin provisoire à Jacques Tati qui définissait ainsi son sens de la comédie : « Ce qui m’amuse, c’est de penser en moi-même à ce qu’un agent peut bien être en train de dire, là-bas, à un automobiliste qui vient de franchir un feu rouge. Ce n’est pas leur dialogue qui me fait rire, mais précisément le fait de ne rien entendre du tout. D’après leurs gestes, je peux m’imaginer qu’au début, c’est très grave, puis ça se calme un peu, puis le ton monte à nouveau. Ma méthode suppose seulement un peu plus d’imagination de la part du spectateur. » Six mois donc de jours… de fête, ou presque en souvenir de François le Facteur et de ses facéties.

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