LE MONDE SELON KAURISMAKI

Après Le Havre, qui nous embarquait à la suite d’un jeune Africain sans papiers, Aki Kaurismaki continue à se préoccuper du sort des réfugiés avec L’Autre Côté de l’espoir, sur les écrans le 16 mars.

L’Autre Côté de l’espoir, c’est l’histoire d’un Syrien, Khaled (Sherwan Haji). Échoué dans la capitale  finlandaise, Helsinki, par accident, et alors que sa demande d’asile rejetée, il décide de rester malgré tout. Un soir, il atterrit dans la cour du restaurant de Wikhström, la cinquantaine, un gars qui a décidé de changer de vie en quittant sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour ouvrir un restaurant. Touché par le jeune homme, il décide de le prendre sous son aile… Mettant un humour nordique et une poésie visuelle au service de ses idées (on retrouve chez lui, le même sens de la dérision que chez le romancier Arto Paasilinna),  Kaurismaki interroge une fois encore le spectateur sur le sens de la solidarité. Une histoire toute symbolique dans le contexte actuel de peur de l’autre (quand on ne jette pas l’anathème sur lui), de repliement sur ses frontières et de célébration d’un sentiment national jusqu’à la nausée.

 

Six ans après Le Havre, Aki Kaurismaki n’a rien perdu de son inspiration avec ce film qui lui a valu l’Ours d’argent du meilleur réalisateur au dernier festival de Berlin. Il dit tout de go : « Avec ce film, je tente de mon mieux de briser le point de vue européen sur les réfugiés considérés tantôt comme des victimes objets de notre apitoiement, tantôt comme des réfugiés économiques qui avec insolence veulent prendre notre travail, nos femmes, nos logements et nos voitures. La création et le développement de nos préjugés en stéréotypes ont une sombre résonance dans l’histoire de l’Europe. L’autre côté de l’espoir est, je l’avoue volontiers, un film qui tend dans une certaine mesure et sans scrupules à influer sur l’opinion du spectateur et essaie de manipuler ses sentiments pour y parvenir ».

Le cinéaste installé près de Porto, au Portugal où il cultive ses vignes depuis deux décennies,  avait annoncé une trilogie. Reste à savoir s’il faudra attendre six ans pour découvrir l’ultime volet. Au Journal du dimanche, il a dit, avec l’humour qui est le sien : « Mais l’humanité existera-t-elle encore dans cinq ans ?  » Une chose est certaine : Kaurismaki prend le temps d’imaginer des histoires qui touchent et s’efforce de rester sincère.

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