Elles se passent… « les témoins »

TV – SÉRIE
LES TÉMOINS, d’Hervé Hadmar et Marc Herpoux – 8 x 60 minutes
Avec Marie Dompnier, Audrey Fleurot, Jan Hammenecker, Judith Henry
Diffusion sur France 2 (deux épisodes à la suite) à compter du mercredi 15 mars 2017, à 20h55
Mon avis : 3 sur 4

Dans la première saison des Témoins (la série avait réuni 4,3 millions de téléspectateurs sur ses 6 épisodes), l’inspectrice Sandra Winckler (Marie Dompnier) découvrait des cadavres étrangement installés dans des maisons témoins. Pour la deuxième, le point de départ de la série n’est guère moins sinistre : cette fois, il s’agit de quinze hommes qui sont retrouvés morts, congelés, dans un bus. A priori, ils ne partagent rien en commun sauf celui d’avoir aimé une femme : Catherine Keemer (Audrey Fleurot(, disparue depuis trois ans et qui réapparaît mystérieusement, frappée d’amnésie…

Depuis une décennie, le duo formé par Hervé Hadmar (le scénariste) et Marc Herpoux (scénariste et réalisateur) a posé une griffe originale sur l’image des séries françaises : on se souvient notamment de Pigalle, la nuit ou Au-delà des murs. Pour Les Témoins, le duo n’a pas lésiné sur une atmosphère torturée et signé une mise en scène élégante, même si parfois elle peut paraître un peu pompeuse. Cette fois, il y a au cœur du récit, le thème de la maternité : par la découverte de cette femme étrange, Sandra Winckler est contrainte d’enquête aussi, comme le disent les auteurs, sur ses « propres parts d’ombre. » La relation forcée vécue avec Catherine Keemer donne l’occasion de décrypter le lien maternel. Comme Catherine a oublié même jusqu’à l’existence de ses enfants, cela donne un relief particulier à l’attitude d’une Sandra qui veut tout contrôler dans cette partie de sa vie.Ce qui offre quelques scènes personnelles non dénuées d’intérêt où l’inspectrice laisse un peu tomber la carapace dont elle s’entoure dans la vie quotidienne. On mesure ainsi la profonde solitude dans laquelle elle s’est installée, une situation sans doute confortée par la particularité de son job. Cela donne une certaine densité en toile de fond de cette série où de multiples intrigues se croisent.

Après l’étrange relation de paternité avec Paul Maisonneuve (Thierry Lhermitte) dans la première saison, Sandra Winckler tisse, cette fois, une relation singulière avec cette Catherine Keemer, si singulière, pour mener un combat dangereux.

Si la série accumule parfois trop d’éléments pour plonger le téléspectateur dans le mystère (cela va de l’orphelinat abandonné au décor du Mont Saint Michel, en passant par ces plans des cadavres congelés et des références mythologiques ), les auteurs parviennent à maintenir une cohérence certaine à ce récit, notamment par la mise en scène élégante qui se joue fort bien de la mélancolie des paysages du nord de la France, entre autres. Et des atmosphères de nuit. Nouvelle venue dans la série, Audrey Fleurot trouve vite ses marques. Sur le tournage, elle disait : « J’attends que les réalisateurs me fassent oublier le moment présent, j’ai envie d’être embarquée, étonnée, dérangée… et rire« . A voir l’histoire, on n’en doute pas.

Quant à Marie Dompnier, elle confirme son talent dans cette nouvelle saison en portant l’histoire sur ses épaules. Évoquant son personnage, elle souligne : « Sandra bascule alors de l’autre côté du miroir, mais je ne peux pas en dire plus sans trop dévoiler le scénario. Je pense qu’elle est intriguée par cette femme aux multiples amants, à la vie libre et débridée. Mais malgré le mystère ambigu qui se dégage de Catherine, Sandra conserve l’intime conviction de son innocence. Un pari risqué. Heureusement, j’avais déjà rencontré Audrey Fleurot sur le tournage du film Les Gazelles. Cela nous a permis d’établir rapidement la complicité nécessaire pour qu’un tel duo fonctionne… » Avec une telle prestation, la comédienne, déjà fort connue au théâtre, a bien des atouts pour figurer au générique d’autres productions télévisuelles (sans oublier le cinéma bien sûr).

Avec Les Témoins, et cet hommage à l’univers de Thelma et Louise, Hervé Hadmar et Marc Herpoux parviennent, malgré quelques petites longueurs et redites, à nous tenir en haleine avec une si sombre histoire.

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