QUAND LE MARIAGE VIRE AU DRAME

NOCES, de Stephen Streker – 1h38

Avec Lina El Arabi, Sebastien Houbani, Babak Karimi, Olivier Gourmet

Sortie : mercredi 22 février 2017

Je vote : 4 sur 5

030258Le pitch ?

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir.

0297892 raisons d’y aller ?

Une vision dure et sans caricature de traditions pesantes. En décrivant le chemin de croix de la jeune Zahira qui va devoir affronter sa famille quand il s’agit de son mariage, le réalisateur belge Stephan Streker (On se souvient de Michael Blanco et du Monde nous appartient) le fait sans céder au pathos. Il filme au plus près cette jeune femme dans son quotidien au sein d’une famille pakistanaise, aimante mais qui ne peut imaginer de ne pas céder 033549aux traditions et de laisser épouser leur enfant quelqu’un qui n’est pas un compatriote partageant la même religion qu’elle. Stephen Streker  définit son film comme « une tragédie grecque » avant d’ajouter  : « Parce que, comme dans une tragédie grecque, c’est la situation qui est monstrueuse, pas les personnages. Je me suis intéressé avant tout à l’intime de chacun des intervenants de cette tragédie qui sont tous le siège d’enjeux moraux très puissants. Les liens qui unissent les membres de la famille sont des liens d’amour sincère. Et pourtant, tout le monde est écartelé. » C’est cette absence de caricature, ce portrait d’une famille comme une autre, à la fois bien insérée dans cette banlieue belge que soumis à la tradition, qui fait la force de ce drame. Et pour nourrir son histoire et être le plus juste possible, le cinéaste a longuement enquêté sur la culture pakistanaise.

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Une affiche parfaite. Comme l’histoire est vue du point de vue de Zahira, il fallait trouver la comédienne qui parvienne à exprimer les émotions profondes de la jeune pakistanaise sans en faire des tonnes Lina El Arabi porte ce rôle de bout en bout avec une grande force. Découverte dans le téléfilm de Xavier Durringer, Ne M’abandonne pas, Lina El Arabi définit ainsi son personnage : « C’est une fille qui possède un sacré caractère et une sacrée force. Elle aime sa famille et sa liberté comme l’immense majorité des filles de son âge. Sauf que, dans son cas, sa liberté et sa famille sont deux notions qui vont entrer en contradiction. Et je me suis trouvé énormément de points communs avec elle. » Face à elle, Sébastien Houbani parvient parfaitement à nous faire partager les névroses du frère, écartelé entre son amour pour sa sœur et le respect des traditions familiales, la soumission au désir paternel. Au passage, Olivier Gourmet campe un second rôle discret mais solide et crédible, comme à l’accoutumée.

Une histoire forte, touchante et dérangeante, racontée avec une belle finesse et qui ne peut que provoquer le débat et susciter des questions.

 

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