UN TUEUR FROID

CRUEL, de Eric Cherrière – 1h38

Avec Jean-Jacques Lelté, Magalie Moreau, Maurice Poli, Yves Afonso

Sortie : mercredi 1er février 2017

Je vote : 3 sur 5

084276Le pitch ?

Travailleur intérimaire, dans une grande ville, Pierre Tardieu vit dans une vieille maison avec son père, malade et aphasiqe. Personne n’a conscience de son existence. Et pourtant, Pierre est un tueur en série, froid et calculateur.

Et alors ?

Auteur de documentaires et de deux polars, Eric Cherrière a choisi une histoire noire pour son premier long métrage. De manière déroutante, il décrit le parcours 260477d’un tueur en série qui tue sans une vraie raison « objective » d’agir ainsi et choisit ses victimes au petit bonheur la chance. Ainsi, chacun peut trouver une raison à la dérive sanglante : mère trop tôt disparue; père violent; chagrins d’amour; misère sociale… Eric Cherrière poursuit : « Il n’a pas été abusé dans son enfance. Les meurtres ne lui apportent aucune gratification sexuelle. Ce n’est pas un révolutionnaire ou un asocial. Lui-même ne sait pas pourquoi il agit ainsi. Ses victimes sont des individus normaux. Des gens ordinaires dans des vies ordinaires. »  C’est aussi pour ça que le personnage de Pierre Tardieu fait froid dans le dos, et ce d’autant plus que le comédien incarne ce personnage avec une grande distance, en dissimulant le moindre de ses sentiments, même quand il tombe amoureux de la brune toulousaine, vive et sensuelle.375288On sent aussi chez le cinéaste un vrai amour pour le cinéma d’antan et il le prouve en embauchant pour les seconds rôles des acteurs comme Hans Meyer (qui joua le colonel distingué de La Grande Vadrouille), Maurice Poli (star du cinéma de série B italien) et surtout Yves Afonso, qui campe un sémillant gardien de nuit.

Le tout bénéficie d’un décor urbain détraqué, celui d’un quartier périphérique près de la gare de Toulouse qui va être détruit. Eric Cherrière souligne les raisons de son choix : « J’ai utilisé la voie ferrée qui traverse ce quartier comme une frontière entre l’univers du tueur et celui des autres humains. Lorsqu’il traverse la passerelle au-dessus des rails, il va dans la société, soit pour travailler, soit pour repérer ses victimes. D’un côté il y a le monde des hommes et de l’autre, il y a celui, intérieur, du tueur. »

On peut difficilement reprocher au réalisateur de ne pas avoir réussi à créer un vrai climat oppressant avec des scènes fortes – celle où le père sort de son silence pour insulter l’amie de son fils – sans jamais forcer sur la violence et l’hémoglobine. Il manque, in fine, certains rebondissements à son scénario pour en faire un film accompli, même s’il parvient à s’en tirer habilement dans le dénouement final. Si l’ensemble n’est pas bouleversant, il est sûrement dérangeant.

 

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