TONI SERVILLO, UN ÉTRANGE MOINE

LES CONFESSIONS, de Roberto Andò

Avec Toni Servillo, Daniel Auteuil, Connie Nielsen, Marie-José Croze, Lambert Wilson

Sortie : mercredi 25 janvier 2017

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Quelque part en Allemagne des dirigeants politiques du G8 et le directeur du FMI se réunissent en vue d’adopter une manoeuvre secrète aux lourdes conséquences. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu à cause du décès du directeur du FMI.

Convaincant…

sc-11-006-040615_okTourné dans un décor splendide, celui Grand Hôtel Heiligendamm, situé à Mecklembourg en Poméranie occidentale, cette comédie sociale et politique de Roberto Andò démarre sur un constat fascinant : celui de la culture du secret et de la dissimulation dans nos sociétés dites avancées. Commentaires du cinéaste : « Le secret et son gardien sont les éléments clés du sc-16-061-230615_okpouvoir. Un pouvoir qui s’isole et qui ne communique pas est nécessairement métaphysique et cela malgré lui. De ce fait, il existe deux idées du secret : celle indescriptible et arbitraire du pouvoir économique et celle qui, à travers le secret, défend le droit à une défense humaine de la liberté personnelle, d’un espace dans lequel chacun peut être libre des autres : l’espace de la conscience. En ce sens, la confession est une institution de l’Église très précieuse, parce quelle protège la dignité de la personne, son inviolabilité. En dépit de cela, le christianisme est une des religions qui ne s’appuie pas sur le secret. Jésus dit : « J’ai parlé clairement au monde, je n’ai jamais parlé caché mais toujours en public, au meilleur des gens ». Une grande leçon. ».sc-108v-015-020715_okMarqué par le jeu de Toni Servillo, dont le métier n’est plus à saluer, la présence d’un moine silencieux vient troubler le manège de ce sommet, même si, in fine, la confession qu’il a entendue du patron du FMI n’est pas de nature à bouleverser l’ordre monétaire mondial. Mais, il suffit qu’une chose se grippe dans ce ballet bien huilé des apparences pour que la catastrophe soit là. Et ça, le film le montre remarquablement bien.

Moins convaincant…

sc-122a-033-020615_okLe souci avec un tel scénario se jouant des apparences dans un climat qui fleure de bon vieux polar insolite, c’est de retomber sur ses pas dans les dernières séquences. Et c’est là que Roberto Andò manque  son but. Parfois en faisant surgir des personnages qui n’apportent rien au récit – celle de l’ami campé par Lambert Wilson par exemple – parfois en n’utilisant pas suffisamment un personnage comme l’auteure des livres pour enfants (excellente Connie Nielson). Mais il y a surtout le retournement final lors de l’homélie funèbre du moine qui tourne un peu au Grand-Guignol et casse l’atmosphère prenante de thriller qui s’était progressivement installée.

Le cinéaste aurait pu s’inscrire dans la lignée d’un Hitchcock mais ses atermoiements de mise en scène nous privent de ce plaisir. C’est d’autant plus dommage que le début était plus que prometteur et que le plan d’ouverture où le moine regarde passer dans l’aéroport tout un groupe de femmes voilées offrait d’emblée un ton sortant de l’ordinaire. Dans un plan qui valait de longs commentaires…

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