AU NOM DE MA MÈRE

VIVERE, de Judith Abitbol – 1h49

Documentaire

Sortie : mercredi 18 janvier 2017

Je vote : 3 sur 5

vivere_affichedefLe pitch ?

Pendant huit ans, Judith Abitbol a filmé Ede Bartolozzi dans son village en Italie. Pendant huit années, elle a filmé ce qui est en train de disparaître. Ede et Paola, sa fille, étaient liées par un amour extraordinaire. Ce film raconte cet amour-là, dans ce village, avec la famille, les amis, les voisins. Les étreintes des corps, les visages et les mains. Il témoigne de ce qui restera : l’immense joie de vivre et d’avoir aimé.

Ce qui touche dans ce doc ?

Bien sûr, ce film évoque les ravages de la vieillesse, les avancées de la maladie, mais Judith Abitbol signe surtout un hymne à la vie, aux relations entre deux êtres qui ont, entre eux, une relation fusionnelle. Ce projet est parti d’un constat : le désir de travailler sur les rushes vivere6-1-768x579personnels de la cinéaste avec Cyrielle Thélot, une jeune monteuse. Elle raconte :  « De ces rushes sortiront plusieurs films de tous genres, de toutes durées ; j’abrite cette série sous le titre Certains fruits de l’asile. Vivere, le premier de ces films est une concentration, un précipité au sens chimique, de ce qui me pousse à filmer: garder la mémoire de la vie des êtres aimés et conserver ces traces. Retenir la vie, même quand la mort se présente. Ce que je fais aussi avec les fleurs, les animaux, les paysages. Filmer Ede Bartolozzi, cette vie minuscule qui d’emblée m’avait bouleversée, comme une rencontre avec un ange ou une fleur. C’est ainsi que je l’ai filmée. Quand je l’ai rencontrée fin 2001 j’avais une caméra à la main – c’est le plan que l’on voit dans les cinq premières minutes du film – quand elle nous a quittés en 2009 j’avais toujours une caméra à la main, entre ces deux dates, à chaque retour à Modigliana, le village où elle vivait et où sa fille Paola est née, je filmais presque tout. Pendant huit années je l’ai filmée et filmé ce qui était survenu ».

vivere5-1-768x574Jouant sur les ellipses, et en éclatant la chronologie, Judith Abitbol signe une espèce de journal de la vie de cette ouvrière pour  laquelle le simple souvenir d’une chanson ou la rencontre avec des musiciens des rues de sa petite ville au cœur de l’Italie, en Emilie-Romagne,  redonnent le goût de vivre.

Elle parvient à offrir cet hommage à la vie sans jamais faire dans le glauque. Et en gardant une juste distance avec l’intime saisie sur le vif. Quand on lui demande comment on parvient à garder cet équilibre, elle répond :  » Instinctivement. Après des années à l’éprouver. À observer. À apprendre. Quand je filme je sais ce que j’ai à filmer et comment (enfin, la plupart du temps, parfois je ne sais pas, je suis perdue), si c’est obscène ou pas. »

Film sensible sur la vie qui passe, ce documentaire montre comment les petits gestes du quotidien – le cadeau d’une robe, un repas partagé autour d’une table amicale – sont autant de gestes simples pour dire un amour et une manière de refuser de céder face à la maladie de l’âge et aux ravages du temps.

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