UNE FAMILLE FACE AU DRAME

harmonium-repas-toshio-yasaka-akie-hotaru-2016-fuchi-ni-tatsu-film-partners-comme-des-cinemasHARMONIUM, de Kôji Fukada – 1h50

Avec Tadanobu Asano, Mariko Tsutsui

Sortie : mercredi 11 janvier 2017

Je vote : 4 sur 5

Le pitch ?

Dans une discrète banlieue japonaise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d’Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l’harmonium à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié.

2 raisons d’y aller ?

Le charme discret d’une ville impersonnelle. Mis à part le langage, l’action pourrait se passer dans n’importe quelle rue banale d’une banlieue moderne Mais, cela se passe au Japon dans une maison de la petite bourgeoisie où le garage sert d’atelier au paterfamilias.  L’irruption de l’étranger (qui n’est pas en fait si inconnu au père de la famille) va petit à petit être source d’une violence sourde dans une vie monotone, réglée comme du papier à musique.

Une famille où, en fait, chacun est confronté à ses petits mensonges quotidiens et à une vraie solitude existentielle. Commentaires du cinéaste, Kôji Fukada : « Le cinéma japonais idéalise le lien familial, mais en diffusant ainsi l’image d’une « famille idéale » démodée et stéréotypée, on renie les divers types de familles qui existent réellement. Je tiens à décrire une famille déjà effondrée parce que considérer l’effondrement d’une famille comme une tragédie c’est idéaliser ce qu’elle aurait pu être. Harmonium pose la question du système familial, il ébranle, montre la solitude originelle et fait apparaître le lien qui perdure, malgré tout. » 


La force du scénario, c’est que Kôji Fukada ne joue jamais sur un manichéisme de bon aloi. Yasaka n’est pas le symbole du Mal : sa présence agit plutôt comme un révélateur dans la vie répétitive d’un couple bien sous tout rapport et méritant. Sans aucun effet visuel tapageur – la course du père vers le terrain de jeu où sa fille est tombée vaut tous les discours – il parvient à cerner les émotions au plus près et un banal repas quotidien devient le lieu d’exposition de bien des névroses familiales. Il y a du Pasolini mais aussi du Rohmer (qui fascine le cinéaste) dans ce récit mené de main de maître où le montage sait rebondir sur des ellipses pour capter au plus juste les émotions ressenties par les protagonistes.

harmonium-koji-fukada-2016-fuchi-ni-tatsu-film-partners-comme-des-cinemasPrix du jury au dernier festival de Cannes dans la catégorie Un Certain regard, Harmonium fait partie de ces films qui restent longtemps en mémoire tant le réalisateur, Kôji Fukada, a su distiller une violence sourde qui vous marque. Après le subtil Au revoir l’été, en 2014, il récidive ici avec un film d’une indéniable puissance et dont la mise en scène est remarquable de simplicité apparente.

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