DEPARDIEU CHEZ LES SOVIETS

LE DIVAN DE STALINE, de Fanny Ardant –  1h32

Avec Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner, Paul Hamy

Sortie : mercredi 11 janvier 2017

Je vote : 2 sur 5

Le pitch ?

Staline vient se reposer trois jours dans un château au milieu de la forêt. Il est accompagné de sa maîtresse de longue date, Lidia. Dans le bureau où il dort, il y a un divan qui ressemble à celui de Freud à Londres. Il propose à Lidia de jouer au jeu de la psychanalyse, la nuit. Durant le jour, un jeune peintre, Danilov attend d’être reçu par Staline pour lui présenter le monument d’éternité qu’il a conçu à sa gloire. Un rapport trouble, dangereux et pervers se lie entre les trois. L’enjeu est de survivre à la peur et à la trahison.

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Et alors ?
En adaptant le roman éponyme de Jean-Daniel Baltassat, Fanny Ardant a sacrifié à un double rêve : évoquer l’histoire de l’Union Soviétique et trouver un rôle à la dé-mesure de Gérard Depardieu. Cela dit, camper une figure comme Staline, au sommet de son pouvoir, avait de quoi titiller l’appétit de jouer de Depardieu qui, même s’il n’a pas vraiment le physique de l’emploi et ne joue pas la copie pure et simple, se glisse en douceur dans la vareuse du dictateur soviétique. Commentaires de Fanny Ardant : « L’important, c’était d’être dans l’archétype, dans l’image de Staline qui existe dans la mémoire collective. Toujours pour revenir à la fable, au conte, c’est Staline et à la fois, ce n’est pas le Staline des livres d’histoire et des documentaires. Je disais à Gérard : Staline parle avec une voix douce de baryton et il a toujours un demi-sourire comme les fauves. »

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Il ne faut pas voir dans ce film un focus sur les dernières années de Staline, aussi puissant que redouté par la cour qui l’entoure, mais plutôt une réflexion sur les rapports entre les artistes et ceux qui détiennent le pouvoir absolu et font peser sur la création bien des menaces. Fanny Ardant évoque ainsi  un travail « sur les rapports entre le pouvoir et l’art. »

Il y a aussi – et c’est sans doute la partie la plus juste dans le récit – l’histoire des relations entre Staline et Lidia, maîtresse de longue date du dictateur, campée avec subtilité par Emmanuelle Seigner qui joue une femme revenue de ses illusions révolutionnaires et obligée de composer avec un pouvoir qui se retire de plus en plus sur son Aventin.

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Malgré certaines originalités du scénario, malgré l’implication des comédiens – il faudrait aussi évoquer la prestation de Paul Hamy en artiste maudit et courtisan, le nouveau film de Fany Ardant ne parvient jamais à vraiment décoller et nous étonner. Et l’on se prend alors, ici où là, à apprécier une courte séquence dans ce château intemporel quand l’apparition du maître fait trembler le plus petit serveur – il s’agit de l’étonnant château de de Buçaco au Portugal- mais aussi à trouver le temps long dans cette fin de règne.

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