JEAN-PIERRE LEAUD ROYAL !

LA MORT DE LOUIS XIV, d’Albert Serra – 1h50

Avec Jean-Pierre Léaud, Marc Susini

Sortie : mercredi 2 novembre 2016

Je vote : 3 sur 5

554695Le pitch ?

Août 1715. À son retour de promenade, Louis XIV ressent une vive douleur à la jambe. Les jours suivants, le Roi poursuit ses obligations mais ses nuits sont agitées, la fièvre le gagne. Il se nourrit peu et s’affaiblit de plus en plus. C’est le début de la lente agonie du plus grand roi de France, entouré de ses fidèles et de ses médecins.

Ce qui touche dans le film ?

Indéniablement, la prestation de Jean-Pierre Léaud en souverain à bout de souffle qui contemple de ce qui sera son lit de mort le ballet des courtisans. Lourde perruque, visage poudré comme celui d’une vieille gloire du théâtre, Jean-Pierre Léaud campe avec son style inimitable un roi épuisé et qui voit la vie s’éloigner. Pour camper ce roi, Albert Serra n’a pas ménagé le 553445comédien le filmant avec trois caméras du matin du soir et à la lueur de bougies et jouant sur l’improvisation quand la première prise ne le satisfaisait pas. Sans jamais quitter ce lit, Léaud parvient à faire ressentir la pesanteur de la maladie mais le souffle de vie auquel le monarque s’accroche jusqu’à sa dernière heure. Commentaires du cinéaste : « Jean-Pierre et moi nous nous sommes très bien entendus dès la première rencontre. Nous partagions un même sens esthétique et moral de la vie. J’aimais son intégrité, je l’admirais. Tout s’est déroulé de manière très naturelle. Et du même coup, je n’ai ressenti aucune pression vis-à-vis de sa carrière extraordinaire ». La fin d’une figure historique est un thème cher à Albert Serra qui avait déjà, dans son film précédent Histoire de mort, tiré son scénario des Mémoires de Casanova.

Pour nourrir son scénario, le cinéaste s’est appuyé sur deux livres de chevet : les Mémoires, de Saint-Simon et celles du Marquis de Dangeau. « Ces deux courtisans ont assisté aux derniers jours de Louis XIV et ont voulu décrire, consigner, collectionner presque, chacun des moments du Roi mourant », explique le réalisateur. « Certaines de ses paroles y sont rapportées mot pour mot, tout comme les états successifs de la jambe malade du monarque, qui sont décrits avec ce que cela suppose de détails sordides… ».

 

357134On peut trouver parfois le temps long ans cette longue description d’une agonie, fût-elle royale, il n’empêche : dans une mise en scène qui emprunte souvent aux couleurs de la peinture, Albert Serra restitue bien la répétitivité des derniers jours d’un roi, montrant le ballet des charlatans qui entourent parfois le souverain pour sauver une jambe atteinte de gangrène qu’il aurait sans doute mieux valu amputer. Mais touche t-on à l’intégrité physique d’un roi qui n’est autre qu’un représentant de Dieu sur terre ?

 

 

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