KEN LOACH : TOUJOURS D’ATTAQUE !

143639Récompensé par la Palme d’or au dernier festival de Cannes –sept cinéastes seulement ont réussi la chose – Moi, Daniel Blake sort le mercredi 26. Le nouvel opus d’un Ken Loach qui n’a pas fini de défendre les plus pauvres. Et une certaine idée de la société.

Même si l’on connaît bien son style, Ken Loach a l’immense mérite de garder son esprit de rebelle malgré le temps qui passe. Et dans nos temps gagnés par la doxa libérale, ces films, non dénués d’humour, sont toniques en diable. Dans Moi, Daniel Blake, il raconte le parcours d’un menuisier veuf de 59 ans, tout juste remis d’une crise cardiaque et auquel son médecin interdit désormais de travailler. Or, l’aide sociale l’oblige à chercher un emploi. Etant privé d’allocations, il croise le chemin d’une mère célibataire, Rachel, contrainte d’accepter un logement social délabré à 450 kilomètres de chez elle…

Une fois encore, Ken Loach s’attaque aux dérives du capitalisme. Dans Le Journal du dimanche du 23 octobre, il déclare : « S’il aborde le thème universel du combat pour la survie, ce film est ancré dans une actualité bien réelle. Sous peine de leur couper les vivres, nos gouvernements en arrivent à contraindre des gens malades et dans le besoin à se lancer dans d’interminables procédures d’appel. Bien qu’extrême, ce procédé bureaucratique devient banal. Il devient une cruauté ambiante délibérée, étables. Il prend des accents ridicules et comiques mais c’est une tragédie. »

144265Afin d’être le plus juste possible dans son histoire sur lae précarité, Ken Loach s’est rendu, avec son complice scénariste Paul Laverty dans sa ville natale de Nuneaton  dans les Midlands. Ils y ont rencontré, via une association tenue par une amie du cinéaste, un groupe de personnes n’arrivant pas à trouver d’emplois pour de multiples raisons. A partir des témoignages, ils ont mené un travail de documentation. Avant de focaliser l’histoire sur des seniors. Il explique : « Il y a toute une génération de travailleurs manuels qualifiés qui se rapprochent aujourd’hui de l’âge de la retraite. Ils souffrent de problèmes de santé et ils sont incapables de reprendre le travail car ils ne sont plus assez vifs pour jongler entre deux intérims et passer d’un petit boulot à l’autre. Ils sont habitués à un cadre professionnel plus 248495traditionnel et du coup, ils sont perdus. Ils sont déboussolés par les nouvelles technologies, ils ont des problèmes de santé, et leur prise en charge par l’“Employment Support” est conditionnée par une série d’évaluations : ils peuvent très bien être jugés aptes au travail alors qu’ils ne le sont pas. »

Pour Loach, on mesure comment création et engagement sont indissociables. Dans le climat politique actuel, même si certains  reprochent parfois au cinéaste anglais son sentimentalisme, son œuvre ne peut que faire réfléchir en sortant des sentiers battus.

Un cinéaste toujours d’attaque. Alors qu’il avait annoncé que ce serait son dernier film, il a fait machine arrière en lançant : « J’ai vraiment dit ça sans réfléchir. Il y a encore énormément d’histoires à raconter et de personnages à faire vivre à l’écran… » Et aussi bien des causes pour lesquelles le cinéaste se sentira le devoir de se battre…

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