SOPHIE MARCEAU DERRIÈRE LES BARREAUX

LA TAULARDE, d’Audrey Estrougo – 1h30

Avec Sophie Marceau, Marie-Sohna Condé, Marie Denarnaud, Anne Coesens

Sortie : mercredi 14 septembre 2016

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son ls, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ?

la-taulardeEt alors ?

Retour d’Audrey Estrougo avec ce quatrième film qui offre à Sophie Marceau le rôle d’une femme qui va jusqu’au bout de l’amour, quitte à vivre le pire en plein zonzon.

Un scénario inspiré à la cinéaste par une vraie détenue dont le mari, ce qui n’est pas le cas dans le film, avait été arrêté au bout de 36 heures de cavale. « Ce qui est fascinant dans la prison de manière générale, c’est qu’elle nous raconte entre quatre murs tout ce qui vrille dans la société. La prison, ça s’entend, ça se 529500regarde, ça se vit, c’est très intense. Il se passe toujours des choses, on est toujours en interaction avec quelqu’un ou quelque chose, il n’y a pas de moment de silence ou de répit. À la fin d’une journée là-bas, quand je rentrais chez moi, j’avais l’impression d’y être restée quatre ans. J’ai retenu la phrase d’une détenue : « Que tu passes une journée, dix jours, dix mois ou dix ans en prison, c’est pareil. » À partir du moment où l’on te donne un numéro d’écrou, que l’on te retire ton identité et ce qui te caractérise, le processus de destruction lente est enclenché », souligne Audrey Estrougo.

Si la mise en scène n’est pas très originale et si le scénario n’évite ni les caricatures, ni certains poncifs – la séquence avec la détenue perfide jouée par Anne Le Ny notamment –  l’histoire repose sur les épaules d’un casting solide de comédiennes. Sophie Marceau en tête qui joue, à peine maquillée, dans un jogging banal, cette femme qui joue sa vie par amour et tient tête à toute autorité pour préserver la liberté de son mari.

240534Et elle parvient à faire ressentir la violence sourde de ce huit-clos carcéral même dans les scènes les plus délicates comme celle où son fils lui fait passer un téléphone portable qu’elle doit dissimuler sur elle. Pour autant, Sophie Marceau n’a pas visité des centres pénitentiaires pour se familiariser avec la vie d’une taularde. Elle dit : « Je n’en ai pas eu le courage. Mais je connais des gens qui ont été incarcérés quelques jours, ils sont restés marqués à vie. Nous avons tournée dans une prison désaffectée pendant cinq semaines. J’y passais près de douze heures par jour avec pour seul horizon des murs et des couloirs. L’humidité et les courants d’air y étaient terribles. »

Malgré ses défauts, le film nous fait bien ressentir comment on peut étouffer derrière les barreaux et comment le système n’est pas vraiment conçu pour faciliter la réinsertion.

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