À L’ÉCOLE DE LA MER

JEUNESSE, de Julien Samani – 1h23

avec Kévin Azaïs, Samir Guesmi, Jean-François Stevenin

Sortie : mercredi 7 septembre 2016

Je vote : 3 su 5

Le pitch ?

Zico a soif d’ailleurs. Il embarque sur un cargo au Havre. Très vite, les tensions avec le reste de l’équipage et les avaries à répétition mettent à mal ses rêves d’aventures. Une lutte s’engage alors contre les éléments et les épreuves qui frappent ces hommes.

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Ce qui touche dans le film ?

Adapter un roman de Joseph Conrad n’est pas chose facile, tant le romancier sait imaginer des histoires métaphysiques dont l’adaptation à l’écran relève de l’exercice de haut vol. On se souvient comment Francis Ford Coppola y a réussi brillamment en adaptant (et en modifiant beaucoup) le roman d’origine avec son Apocalypse Now.

D’abord passé par la case documentaire, Julien Samani signe ici l’adaptation d’un roman de chevet comme il le raconte :  » Après une projection de « La Peau trouée » en 2004, une parente de Joseph Conrad s’est présentée à moi. Elle m’a demandé si je connaissais l’œuvre de son cousin. Je lui ai dit que non et elle m’a encouragée à la découvrir. Rentré chez moi, j’ai lu tout Conrad dont « Jeunesse » qui est devenu un de mes livres de chevet. Je cherchais un ouvrage à adapter pour mon prochain film et mon choix s’est naturellement porté sur cette nouvelle qui ne me quittait plus. Le romanesque me nourrit. « L’Odyssée », d’Homère est le livre qui m’a mené à « La Peau trouée ». Tout part d’une envie de repousser le réel. Pour un type qui fait des documentaires, c’est un comble ! La dimension politique ou sociologique n’intervient qu’après chez moi. Ce qui prime, c’est l’imaginaire, kevin-0100086400l’intériorité et ce qui meut un personnage en profondeur. »

Prenant le parti d’un onirisme, car on ne sait jamais, sauf par quelques bouts du dialogue, dans quel pays on se trouve (on ne voit ainsi jamais de voitures dans le champ par exemple), le cinéaste prend le parti de nous plonger dans une espèce de huit-clos en pleine mer avec quelques marins perdus et un capitaine d’eau douce, ce jeune « lieutenant » qui va apprendre sur le tas le métier de marin. Et il parvient fort bien à restituer le côté déconnecté du personnage du jeune marin qui rêve sa vie avant que de la vivre.Contrainte de budget oblige, Julien Samani a dû trouver des astuces pour suggérer les catastrophes qui accompagnent ce voyage vers nulle part, de la tempête à l’incendie de cale. C’est ce qui rend parfois certaines séquences, qui se concentrent sur l’intériorité des personnages, un peu longues. Mais, l’histoire est portée par des comédiens qui sont tous au diapason.

Personnage qui ne dépareillerait pas dans un roman de Céline, Jean-François Stévenin parvient à camper avec panache ce pacha revenu de tout, mais qui conserve une belle dose d’humanité face à son second, Samir Guesmi, un taiseux qui voit d’un mauvais œil l’arrivée du jeune Zico venir troubler leur vie de routine. Quant à Kévin Azaïs, il offre ce mélange de candeur et de détermination, voire de violence, qui colle parfaitement au personnage. Mention spéciale à la bande originale d’Ulysse Klotz qui signe une musique envoutante qui colle bien au récit.

Bref, un film qui est loin d’être parfait, mais porte déjà la griffe d’une graine d’un vrai cinéaste qui sait prendre des risques.

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