LA CHAIR EST SINISTRE, HÉLAS !

RESTER VERTICAL, de Alain Guiraudie – 1h40

Avec Damien Bonnard, India Hait, Raphäel Thiéry

Sortie : mercredi 24 août 2016

Je vote : 1 sur 5

Le pitch ?

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Léo est à la recherche du loup sur un grand causse de Lozère lorsqu’il rencontre une bergère, Marie. Quelques mois plus tard, ils ont un enfant. En proie au baby blues, et sans aucune confiance en Léo qui s’en va et puis revient sans prévenir, elle les abandonne tous les deux. Léo se retrouve alors avec un bébé sur les bras. C’est compliqué mais au fond, il aime bien ça. Et pendant ce temps, il ne travaille pas beaucoup, il sombre peu à peu dans la misère. C’est la déchéance sociale qui le ramène vers les causses de Lozère et vers le loup.

Et alors ?

Après L’Inconnu du lac, un film dérangeant en diable et très original, Alain Guiraudie avait marqué le grand écran et son dernier film était un des moments attendus du dernier festival de Cannes où il était en compétition. Cette fois, il a construit son histoire autour de la crise d’un jeune couple, et surtout autour des errances de Léo à la recherche de sa compagne qui l’a largué, seul, avec leur bébé. Il a eu l’idée du scénario en s’intéressant au loup. Il avait lu alors que, pour cette bête sauvage, l’homme est un animal vertical, et que cette verticalité lui inspire la prudence, le respect ou la crainte. En Lozère, Alain Guiraudie avait rencontré des gens qui ont entendu dire ça par leurs grands parents : face au loup, il faut rester debout. « J’ai aimé la formule. Elle contient aussi cette dimension politique et programmatique qui m’importe beaucoup. Quant à sa connotation sexuelle, elle n’est évidemment pas pour me déplaire », dit-il.

459787De sexe, il en est, comme d’habitude, toujours question chez Guiraudie où de l’accouchement en gros plan à la scène de sexe avec le vieil homme, sans oublier des morceaux de vie en forme de cauchemar ou de rêve, le thème est permanent. Le cinéaste reprend : « La question du sexe, je tourne autour depuis toujours, et comme pour beaucoup d’entre nous, elle me fascine autant qu’elle me fait peur. C’est même ça qui la rend si intéressante ! Mon approche 094894part donc de très loin, peut-être même d’un point de vue si enfoui qu’elle était parfois difficilement repérable. Mais après avoir surmonté mes premières peurs, j’ai voulu dépasser les suivantes, et ainsi de suite comme un défi. D’où sans doute cette impression d’impudeur, mais ça n’est pas volontaire. Ce qui m’importe c’est que ça ne soit ni grave ni solennel. »

Mais, de séquence en séquence, les errances de Léo deviennent franchement lourdes à souhait et l’on se demande quand le supplice infligé au spectateur va finir. Certes, il y a une belle interrogation sur les hommes seuls et perdus – il faut saluer la performance de Damien Bonnard – mais, cela ne sauve pas un film d’un ennui quand même assez sidérant. Une vraie déception.

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