LA RÉVOLUTION PERSONNELLE D’UN ADO

Portraits janvire 2014MA RÉVOLUTION, de Ramzi Ben Sliman – 1h20

Avec Samuel Vincent, Anamaria Vartolomei, Lubna Azabal, Samir Guesmi

Sortie : mercredi 3 août 2016

Je vote : 2 sur 5

Le pitch ?

Alors que l’écho du printemps arabe résonne jusqu’au cœur de Paris, et malgré ses origines tunisiennes, Marwann a d’autres problèmes à gérer : ceux d’un adolescent de 14 ans qui veut avant tout être populaire à l’école, attirer l’attention de la belle Sygrid et échapper à la pression parentale. Quand il se retrouve accidentellement à la une de Libération, Marwann devient soudain  le symbole de la révolution de Jasmin en France, et le garçon « le plus cool » de son collège. Profitant de la confusion, il décide de tenter sa chance auprès de Sygrid, et pourquoi pas renouer avec ses racines.

MA REVOLUTION_120x160_∏ Photo. JÇrìme Plon - Les Productions BalthazarEt alors ?

Premier long métrage de Ramzi Ben Sliman, Ma Révolution est une manière originale de traiter la Révolution dite de Jasmin en Tunisie, par le prisme de la comédie romantique. Le réalisateur raconte  ainsi la gestation de l’histoire :   » J’ai participé, spontanément et avec ferveur, aux manifestations célébrant la chute de Ben Ali à Paris, poussé par un sentiment profond et équivoque d’appartenance à un pays que je connais peu. Les évènements ont déclenché le dégel d’une origine. La Tunisie renaissait en moi, après une forme d’hibernation. Il m’a fallu alors trouver un équilibre dans le positionnement de soi : Tunisien, Français, les deux, ni l’un Portraits janvire 2014ni l’autre… Puis peu à peu, au cours de l’écriture, j’ai préféré admettre la complexité du sentiment d’appartenance. Je l’ai relié directement au parcours de Marwann : en France il est chez lui, en ce qu’il y est reconnu, attendu et aimé. Sa langue maternelle est le français, une langue dans laquelle il invente sa vie. Mais, la langue maternelle est aussi la langue de la mère, le tunisien pour Marwann. »

A travers le parcours, les émotions de Marwann, Ramzi Ben Sliman fait bien  ressentir le déchirement de cet adolescent qui ne comprend pas l’envie soudaine de sa mère  – Lbuna Azabal est toujours d’une belle justesse dans l’expression des émotions de ses personnages – de renouer avec le pays de ses origines.

Même si le duo des adolescents, qui sont les vedettes du récit, jouent avec finesse les premiers émois amoureux, que les relations avec les parents sont bien vues, le film manque de souffle dans sa première partie où les séquences semblent parfois répétitives. Il est, en revanche, beaucoup plus fort quand il traite du fameux Printemps, des relations entre les membres de la famille, et du sentiment d’appartenance. Et au détour des séquences, les dialogues font alors mouche.

Ces chutes de rythme marquent  les limites d’un scénario qui ne manque pourtant pas d’intérêt. Mais, c’est plutôt la réalisation qui manque de nerf et ne parvient pas à vraiment nous toucher. Et, entre le tourbillon de l’amour et celui du changement politique en Tunisie, le réalisateur n’arrive pas vraiment  à tenir son récit sur la durée.

Portraits janvire 2014

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