UNE FEMME FACE À LA MAFIA

LEA, de Marco Tullio Giordana – 1h35

Avec Vanessa Scalera,Linda Caridi, Alesssio Praticò

Sortie : mercredi 13 juillet 2016

Je vote : 4 sur 5

Le pitch ?

Lea a grandi dans une famille criminelle en Calabre. Le père de sa fille Denise est aussi membre de la mafia. Cependant elle aspire à une vie différente pour sa fille, sans violence, peur ni mensonge. Elle décide de coopérer avec la justice et s’enfuit sous le régime de protection des témoins…

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raisons d’aller voir ce film ?

La plongée dans le quotidien de la mafia. Inspiré de l’histoire de Lea Garofalo, – une femme qui s’est battue pour échapper à la mafia après qu’elle a décidé de dénoncer un système – le film décrit précisément comment fonctionne au jour le jour ce monde de la marge. Notamment, il montre bien comment la ‘nrangheta fonctionne autour du noyau familial et comment Lea se condamne au pire à partir du moment où elle décide de s’opposer à l’Organisation. On sent que, même sa mère semble condamner intérieurement le combat de sa fille qui rompt avec les traditions d’omerta et de soumission. Et ce, au péril de sa vie.

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Le destin d’une rebelle. En faisant le portrait de cette femme, dont l’action est, à sa disparition, relayée par sa fille, Marco Tullio Giordana montre clairement comment elle peut, par sa parole, déstabiliser tout un clan mafieux. Il souligne : « Dans les milieux de la criminalité organisée, la femme appartient au patron du clan. C’est elle qui élève les enfants et transmets les « valeurs » sur lesquels repose la mentalité mafieuse. Quand les femmes se soumettent à ce rôle, la société mafieuse est à l’abri. Mais quand une femme commence à réfléchir à l’avenir de ses enfants, qu’elle refuse qu’ils deviennent des petits soldats du boss, ou qu’elle essaie de s’émanciper, la crise du système est irréversible. »

Grâce à de telles personnalités, à la lutte de Lea, ce film efficace, et qui s’inscrit dans la grande tradition du cinéma politique italien, est une dénonciation subtile de certaines cultures rétrogrades qui, ici comme ailleurs, veulent soumettre les femmes.  Au passage, il faut signaler la belle composition de Vanessa Scalera dans le rôle titre qui confère à son personnage une grande puissance et qui est touchante de bout en bout de ce drame sombre.

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