UNE FARCE MORBIDE


JE ME TUE À LE DIRE, de Xavier Seron – 1h30

Avec Jean-Jacques Rausin, Myriam Boyer, Serge Riaboukine

Sortie : mercredi 6 juillet 2016

Je vote : 2 sur 5

Le pitch ?

Michel Peneud va mourir. Comme vous, comme moi, et comme sa mère, sauf que sa mère, c’est son médecin qui le lui a dit. Alors elle a décidé de vivre. Et vivre pour la maman de Michel Death by Death- Michel shooting with a gunPeneud, ça veut dire nourrir ses chats, boire du mousseux comme si c’était du champagne, et aimer Michel. Mais cet amour, Michel le trouve parfois un peu encombrant. A tel point qu’il semble soudain développer des symptômes très proches de ceux de sa mère. Et si Michel avait lui aussi un cancer du sein ?

Death by Death- Waiting Room-300-DPIEt alors ?

Formé à l’Institut des Arts de Diffusion (IAD), une école de cinéma à Louvain-la-Neuve, Xavier Seron signe ici son premier long métrage de fiction après avoir été remarqué par plusieurs courts et documentaire. Expliquant la genèse de son film, il souligne : « L’idée vient du prolongement de ce que j’avais développé à l’IAD. D’ailleurs, le titre Je me tue à le dire vient directement d’un court-métrage du même titre que j’avais écrit à l’IAD. C’était un exercice interne pas du tout voué à sortir des murs de l’école, dans lequel Jean-Jacques Rausin joue. C’était déjà une sorte de réflexion autour de la mort, de la maladie, de la transformation. Une manière d’aborder des sujets très graves avec un angle comique et grinçant. Aborder ces sujets avec humour, c’est aussi une manière d’alléger les choses, sans forcément se déconnecter de toutes les émotions. »

Je Me Tue A Le Dire - Choregraphie magasin electro - Light

Il y a du Blier dans l’univers décalé et noir de Seron qui prend le parti ici d’un tournage réussi en noir et blanc, qui accompagne fort bien l’atmosphère noire du récit. Et le point de départ du récit, le portrait d’un trentenaire hypocondriaque, ne peut que susciter la curiosité. Pour autant, le scénario manque d’épine dorsale et le cinéaste enchaîne un peu trop des sketchs où l’absurde le dispute à une certaine ironie existentielle.

C’est donc un récit qui ne parvient pas vraiment à captiver de bout en bout malgré la présence de comédiens qui sont parfaits quand il s’agit de se plonger dans une atmosphère surréaliste et déroutante à souhait, Myriam Boyer en tête. La comédienne souligne : « Le personnage de la mère est une femme profondément en manque d’amour. Elle a toujours eu une relation fusionnelle avec son fils. Ce sont des femmes qui peuvent faire énormément de mal, mais en pensant faire du bien. Elle est mère comme un animal. Il y a quelque chose de très physique entre les deux, tout comme dans la maladie qui finit par les bouffer littéralement. L’amour qu’elle a eu pour son enfant l’a bouffé elle et l’a bouffé lui. »

Une petite déception malgré tout, mais on attend de voir où l’inspiration du cinéaste va le conduire. Car, il a un indéniable sens de la mise en scène et de la direction d’acteurs.

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