MARIANA FOÏS AU BOUT DE LA FOLIE

IRRÉPROCHABLE, de Sébastien Marnier – 1h40

Avec Marina Foïs, Jérémie Elkaïm

Sortie : mercredi 6 juillet 2016

Je vote : 3 sur 5

 

Le pitch ?

Sans emploi depuis un an, Constance revient dans sa ville natale en province quand elle apprend qu’un poste se libère dans l’agence immobilière où elle a démarré sa carrière, mais son ancien patron lui préfère une autre candidate plus jeune. Constance est alors prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne.

IMG_4760Réussi ?

Dans le rôle de cette mythomane prête à tout pour parvenir à ses fins, Marina Foïs est impeccable. Tour à tour, elle peut être rouée, se prêter aux jeux sexuels de son amant d’un jour (Benjamin Biolay est parfait dans la peau de ce mec méprisant à souhait) , comme arborer le visage de l’ami idéale, de l’employée modèle. Evoquant son travail pour MF-IMG_3188ce rôle, Marina Foïs souligne : « Je me suis beaucoup entraînée physiquement. Cette obsession du corps n’est pas anodine chez Constance : son physique est le reflet et de sa détermination. Elle court sans cesse, elle fait des pompes, elle va à la salle de sport : c’est une femme qui peut paraître très forte, très puissante au premier abord. Elle se dépasse physiquement car elle est à l’étroit dans sa vie. Elle a l’impression qu’elle doit continuellement se battre pour obtenir ce qu’elle veut. Elle rate tout ce qu’elle entreprend, mais elle refuse de s’apitoyer, d’être une victime. C’est une guerrière, sauf qu’elle ne choisit pas les bons combats. Il y a aussi une certaine forme de narcissisme, d’auto satisfaction dans cette démarche ultra MF-IMG_2216.Rsportive. Son rapport au corps raconte énormément de la solitude de Constance qui arrive à un moment de sa vie où les autres ne peuvent plus forcément grand chose pour elle. »

Pour la comédienne, c’est une composition étonnante tant elle porte le film de bout en bout apparaissant presque du début à la fin et capable de changer de registre du tout au tout le temps de changer un cadrage. Bref, pour son premier film, Sébastien Marnier nous fait aimer une femme odieuse grâce à la prestation remarquable.

Moins réussi

C’est ce jeu impeccable qui « sauve » le film qui, par ailleurs, n’est pas totalement convaincant. « J’avoue que j’ai une certaine fascination pour les personnages troubles depuis que je suis enfant. Les héros de mes romans sont tous des désaxés ou des sociopathes en puissance mais toujours bien ancrés dans le réel. J’aime imaginer leur psychologie et leurs failles, j’essaye d’être le plus précis possible en les confrontant à la banalité du quotidien », souligne Sébastien Marnier.

Il a parfaitement réussi à nous plonger dans la tête de Constance, de nous montrer aussi les ravages du chômage qui met les personnes à l’écart de la vie dite « classique ». Là où le scénario patine, c’est dans la tension qui conduit au dénouement final. De fait, le spectateur comprend très vite qu’elle va être l’issue des aventures de Constance et, à partir de là, il a le sentiment que tout cela traîne un peu. Reste le beau portrait d’une femme amorale et dérangée.

 

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