UN ADO EN FORME DE PROIE

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LE LENDEMAIN, de Magnus von Horn – 1h 42

Avec Ulrik Munther, Mats Blomgren, Alexander Nordgren

Sortie : mercredi 1er juin 2016

Je vote : 4 sur 5

Quezako ?

Encore adolescent, John rentre chez son père après avoir purgé sa peine de prison et aspire à un nouveau départ. Mais la communauté locale n’a ni oublié, ni pardonné son crime. Sa présence attise les pires pulsions chez chacun, l’atmosphère devient menaçante, proche du lynchage. Rejeté par ses anciens amis et abandonné par ses proches, John perd espoir et la violence qui l’a conduit en prison refait peu à peu surface. Dans l’impossibilité d’effacer le passé, il décide d’y faire face.

422671Et alors ?

Pour un premier long métrage, Magnus von Horn, cinéaste suédois de 32 ans, ne manque pas son rendez-vous avec le cinéma et offre une histoire rude et originale en s’intéressant au retour dans sa petite ville d’un ado sorti de prison après un meurtre. Le point de départ du film est  l’histoire vraie d’un adolescent de 15 ans qui avait étranglé sa petite-amie après que celle-ci l’a quitté . Le réalisateur a découvert ce fait-divers en lisant des rapports de police sur des crimes commis par des adolescents, alors qu’il tournait, en 2011, son court-métrage Neige Tardive.

Le film montre bien, sans porter de jugement et sans le moindre pathos, comment il semble impossible de se reconstruire quand votre crime est toujours présent dans la mémoire collective et quand vous devenez la proie facile de bien des personnes désœuvrées ou pour lesquels, seule, la loi du talion est de rigueur..

Magnus von Horn a eu la main heureuse en choisissant Ulrik Munther pour camper le jeune homme. Si le jeune homme est une star de la chanson en Scandinavie, il n’avait jamais joué au cinéma et est d’une incroyable justesse dans sa composition où son personnage est un révélateur de toutes les tensions vécues par cette communauté refermée sur elle-même. Magnus von Horn commente : « Ma démarche s’approche de celle du documentaire : je recherche des personnes ressemblant à mes personnages. La plupart des adolescents qui jouent dans le film viennent de la campagne, leur horizon est composé de fermes, de voitures bricolées et de mobylettes boueuses. »

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Le film est, en prime, très bien éclairé par Lukasz Zal PSC, le directeur de la photographie du remarquable film, Ida, récemment sur les écrans et qui sait restituer une atmosphère visuelle à la fois très ouverte sur les paysages et oppressante à souhait.

 

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