GILBERT MELKI NE MARCHANDE PAS SON TALENT

VENDEUR, de Sylvain Desclous – 1h29

Avec Gilbert Melki, Pio Marmaï, Clémentine Poidatz, Sara Giraudeau

Sortie : mercredi 4 mai 2016

Je vote : 3  sur 5

Quezako ?

Un des meilleurs vendeurs de France, Serge écume, depuis trente ans, les zones commerciales, garantissant à ses employeurs un retour sur investissement immédiat et spectaculaire. Il a tout sacrifié à sa carrière. Ses amis, ses femmes et son fils, Gérald, qu’il ne voit jamais. Et sa santé. Quand Gérald vient lui demander un travail pour financer les travaux de son futur restaurant, Serge hésite puis accepte finalement de le faire embaucher comme vendeur. Contre toute attente, Gérald se découvre un don…

733d-000018

Et alors ?

Après un très gros travail de documentation, Sylvain Desclous parvient à nous faire vivre ce milieu de la vente de l’intérieur en plantant sa caméra dans ces zones commerciales qui sont le quotidien de la vie de Serge, mais en optant avec son directeur de photographie Emmanuel Soyer, pour un traitement esthétique. Evoquant son travail de recherche, Sylvain Desclous  raconte : Tout ce « travail d’approche » m’a conforté dans l’idée que oui, il y avait chez certains d’entre eux, les meilleurs, quelque chose que j’avais envie de montrer à l’écran, car certains vendeurs sont de grands comédiens ! Pour décrocher un contrat, ils sont capables de parler pendant des heures avec des clients, de les faire rire, de les émouvoir, de les faire parler aussi… Cela masque parfois une grande solitude. »  

a216-000020

De son côté, campant un quinqua pouvant tour à tour se comporter en pire beauf que de montrer une vraie attention à ce fils qu’il connaît si peu, Gilbert Melki signe ici un de ses meilleurs rôles. Pour le nourrir, il a puisé dans ses souvenirs d’un premier job de vendeur au Sentier quand il avait 18 ans. Il raconte : A cette époque-là, j’ai connu beaucoup de gens qui faisaient les foires et les marchés, au cours d’interminables tournées. Souvent, c’étaient des gens qui se la jouaient, étaient dans la flambe, mais qui, en fait, avaient une vie d’une grande solitude ».

Dans ce récit qui est aussi celui – sensible – d’une transmission, Melki est bien entouré par une bande de jeunes comédiens qui sont solides à leur poste : que ce soit Pio Marmaï, une nouvelle fois impeccable, que Sara Giraudeau et Clémentine Poidatz. Au final, il y a une belle émotion dans ce portrait d’un vendeur au long cours qui a tout sacrifié à sa carrière même si un peu plus d’audace de mise en scène aurait été la bienvenue.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s