IRAN : DES VOIX CONTRE LA CENSURE

NLS-GardenHDNO LAND’S SONG, de Ayat Najafi – 1h31

Documentaire avec Sara Najafi, Parvin Namazi, Sayeh Sodeyfi, Elise Caron, Jeanne Cherchal, Emel Mathlouthi

Sortie : mercredi 16 mars 2016

Je vote : 4 sur 5

Quezako ?

En  Iran, depuis la révolution de 1979, les femmes n’ont plus le droit de chanter en public en tant que solistes. Une jeune compositrice, Sara Najafi, décide de braver censure et tabous pour NLS-JeanneEliseHDtenter,  avec l’aide de trois artistes venues de France, d’organiser un concert de chanteuses solo. Une aventure qui n’est pas sans dangers…

Et alors ?

Frère de Sara Najafi, Ayat Najafi raconte quelle fut la ligne directrice de son combat pour organiser, malgré tous les interdits administratifs et les embûches, un tel concert alors qu’un tel rassemblement semblait promis à l’échec. Car, comme on le voit dans les documents d’archives du documentaire, les femmes ont, tôt, commencé à se battre en Iran pour faire entendre leur voix. Et conquérir un peu de liberté.

Ayat Najafi raconte : « La ligne musicale du film a pour leitmotiv le chant traditionnel révolutionnaire « Oiseau de l’aube » (Morg-e Sahar) auquel Sara veut donner une voix nouvelle. Le film est un hommage à Qamar, celle qui chanta la première fois. Artiste de légende en Iran, elle parvient dans les années 20 à briser les tabous de la société iranienne et à libérer la voix des femmes, la déplaçant du domaine du privée où elle restait confinée, au domaine public. C’est ce même combat que Sara et ses amies doivent mener à nouveau aujourd’hui. La résistance de Qamar a inspiré le défit que nous avons lancé entre 2011 et 2013 aux gouvernements d’Ahmadinejad puis de Rohani. » En camouflant son enregistreur sous le voile réglementaire – une astuce de réalisation consiste à laisser une séquence toute noire qui ne fait que souligner encore plus l’absurdité de la « logique » de  cette censure- le réalisateur montre bien comment il est  impossible pour une chanteuse iranienne de s’exprimer encore aujourd’hui.

Outre la détermination de Sara Najafi – on a le sentiment que rien ne parvient à la décourager dans ce parcours du combattant – outre la force des témoignages des autres artistes iraniennes et la description d’un passé révolu, avec les séquences dans les vieux théâtres aujourd’hui livrés aux entreprises de tout poil, une des forces du documentaire tient aussi à l’attitude et aux réactions des artistes étrangères embarquées dans l’aventure et qui offre un contrepoint touchant aux analyses des protagonistes de l’aventure.

NLS-EliseMaryamShakad

Avec, in fine, le partage d’une rare force émotionnelle sur scène – on sent notamment l’émotion et la ferveur qui étreignent une Jeanne Cherhal- alors que, quelques heures auparavant, l’affaire semblait cuite. Le temps d’une soirée du 19 septembre 2013, une porte s’est ouverte pour la voix des femmes en Iran. Un premier pas vers une vraie liberté ?

En tout cas, aller voir ce documentaire splendide est une autre façon de soutenir cette juste cause.

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