AVEC LES « FILLES » D’ABIDJAN

LITTLE GO GIRLS, d’Eliane de Latour – 1h28

Documentaire

Sortie : mercredi 9 mars 2016

Je vote : 3 sur 5

Quezako ?

A Abidjan, les Go de ghetto vivent une existence chaotique entre délinquance et sexe tarifé. Très jeunes, majoritairement musulmanes, elles fuient les violences familiales quitte à vivre clandestinement et dans le déshonneur. Ce sont des parias de la prostitution.

dsc00008-lassitude-23-moEt alors ?

« Pour qualifier les relations tarifés du ghetto, il faut abandonner les catégories occidentales [proxénétisme, traitre, prostituteur, travailleur du sexe…] qui brouillent le champ sémantique au lieu d’en éclairer la complexité. Les « professionnelles » d’Abidjan ne vont pas dans les ghettos et les petites déchargées ne dépendent d’aucun proxénète ou de manager. On dit qu’elles « ramassent la poisse de la ville ». Elles arrêtent le tapin sitôt qu’elles p1000400-mahi-rose-28moréussissent un coup, pour le reprendre une fois l’argent dépensé. Leur clientèle est constituée pour l’essentiel de nouchis [ghettomen, petits voyous] et de jeunes gens pauvres. Cette génération « s’auto-organise » face à la misère sexuelle des garçons et la détresse des filles » dit Eliane de Latour, cinéaste et anthropologue qui s’intéresse depuis longtemps à la réclusion sociale : prison, ghetto, marges…

Cette fois, elle nous conduit au plus près de ces filles déclassées parmi les déclassées et qui lui ont donné leur confiance au point qu’elle puisse tourner au plus près d’elle, dans leur intimité quotidienne : du sommeil au réveil avec, parfois, un petit joint pour oublier la réalité quotidienne. Il est vrai, la cinéaste les a aidées un temps à trouver un toit, suite aux fonds réunies par une exposition de photos, ce qui a tissé entre elles un vrai rapport respectueux.

p1010152-maa-ordureD’une mosaïque d’images, de séquences, elle dresse le portrait de femmes qui tentent de retrouver une dignité comme on le voit dans la belle séquence où l’une d’elle retourne dans la maison familiale malgré la réprobation qu’elle subit de sa famille. Et ce, en se plaçant « à côté » de ces filles, et en montrant leur quotidien. Sans pathos, ni caricature, ce documentaire donne ainsi à voir cet humanité oubliée mais qui se bat pour conserver une parcelle de dignité. Malgré un côté décousu, des séquences parfois répétitives – comme si la cinéaste était parfois fascinée d’être acceptée par ces jeunes femmes – ce film a le mérite de montrer sans démontrer. Ni faire de grands discours misérabilistes ou rédempteurs. C’est dur. Comme la vie sur place.

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