LA PRISON DE L’AMOUR…

ÉPERDUMENT, de Pierre Godeau – 1h50

Avec Guillaume Gallienne, Adèle Exarchopoulos, Stéphanie Cléau

Sortie:  mercredi 2 mars 2016

 Je vote : 2 sur 5

171056Quezako ?

Un homme, Jean, une femme, Anna. Un directeur de prison, sa détenue. Soudain, un amour impossible va naître. Une passion qui ravage tout sur son passage…

Et alors ?

En 2011, l’histoire d’amour entre Florent Gonçalvès et une détenue qui avait été, qui plus, « l’appât » du gang des barbares avait marqué les médias et fasciné Pierre Godeau qui a vu, en 2012, le parti scénaristique qu’il pouvait tirer du témoignage écrit de l’ancien directeur de prison modèle, Défense d’aimer (Presses de la cité).  Pour donner le plus de crédibilité à son récit, il a eu la chance de pouvoir installer son plateau dans la prison de la Santé à Paris. « Tourner à la prison de la Santé a été une vraie chance. […] Nous y avons passé six semaines. Six semaines dans un huis clos terrible, sans entendre aucun des bruits de la ville », raconte Pierre Godeau. A l’image, on voit la différence et l’atmosphère d’une prison y est bien ressentie.

Le cinéaste a choisi pour camper ces amoureux pas comme les autres deux visages solides du cinéma et qui assurent parfaitement leur partition. Adèle Exarchopoulos a même fait des ateliers avec lui dans la prison pour femmes de Fleury-Mérogis où, après la projection de films, elle rejouait des scènes avec les détenues devant la caméra de Philippe Godeau. Il raconte : « Il me suffisait d’échanger un regard avec Adèle pour savoir si la séquence qu’on venait de tourner était juste ou non. Ces séquences, nous les avions vécues ! »

171681

Quant à Guillaume Gallienne, il avait une idée toute personnelle du look de Jean. « Jean devait avoir quelque chose d’un peu faux, de tronqué. J’avais dit à l’équipe maquillage – coiffure : « Il voudrait ressembler à Keanu Reeves, il essaie, pense avoir réussi mais, en réalité, ça ne fonctionne pas. Il porte un costume noir, comme Keanu Reeves mais, bon, il a une Seiko au poignet et des chaussures merdiques. ». D’où, aussi, le lissage brésilien pour les cheveux », raconte le comédien.

Malgré la finesse de leur jeu, le film ne parvient pas à nous concerner sur la durée et semble vraiment par moment peu crédible, notamment dans les séquences où le directeur rend « visite » à la taularde dans sa cellule, et fait l’amour avec elle derrière les barreaux.  Comme la mise en scène est d’un classicisme pur, rien en parvient alors à surmonter cette impression de factice. Alors, il reste quelques belles séquences, notamment celles de la crise du couple du directeur avec notamment Stéphanie Cléau, très juste dans le rôle d’Elise, la femme trompée et digne, et qui ne surjoue jamais les fêlures intimes.

174025

Une déception donc malgré un casting des plus solides.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s