NICOLAS DUVAUCHELLE, UN HOMME EN PERDITION

e058-926431JE NE SUIS PAS UN SALAUD, d’Emmanuel Finkiel – 1h51

Avec Nicolas Duvauchelle, Mélanie Thierry, Driss Ramdi

Sortie : mercredi 24 février 2016

Je vote : 3 sur 5

Quezako ?

Lorsqu’il est violemment agressé dans la rue par une bande de petits voyous, Eddie désigne à tort Ahmed, coupable idéal qu’il avait aperçu quelques jours avant son agression. Alors que la machine judiciaire s’emballe pour Ahmed, Eddie tente de se relever auprès de sa femme et de son fils et grâce à un nouveau travail. Mais bientôt conscient de la gravité de son geste, Eddie va tout faire pour rétablir sa vérité. Quitte à tout perdre…

Et alors ?

Ce drame est taillé sur mesure pour un Nicolas Duvauchelle tout à fait à l’aise dans la peau de ce mec qui court à sa perte, entre fuite dans l’alcool et refus de voir la réalité en face. Il se glisse avec une belle aisance dans la peau de ce personnage qui a été inspiré au réalisateur par un fait-divers similaire arrivé à un de ses amis Ahmed. Emmanuel Finkiel raconte les questions qu’il s’est posé au sujet de la victime de l’agression  : « Qui pouvait-il être ? Quel était in fine son intérêt ? Je n’arrêtais pas d’interroger mon copain injustement accusé : « À quoi ressemblait-il ? Comment était-il ? ». Mais Ahmed n’était pas très loquace : « C’était une espèce de bolos qui n’osait pas me regarder, un pauvre type, un petit çais-fran », me répondait-il. C’est là, à partir de l’énigme que représentait pour moi ce « pauvre type », que peu à peu s’est esquissé le désir de faire ce film, un pauvre type que j’ai appelé Eddie et qui est devenu non seulement le personnage principal, mais celui à travers lequel tout serait vécu. »



Toujours très limite, Eddie finit pas s’enliser dans ses mensonges et ses rêves de grandeur professionnelle, quitte à se précipiter tête baissée vers une issue qui ne peut qu’être dramatique. b1ca-531258Dans la manière dont Nicolas Duvauchelle le fait vivre, il y a chez Eddie une manière suicidaire de se comporter.

Tourné dans le Pas-de-Calais, le film donne aussi à voir toute une réalité sociale, celle des barres de HLM où les fins de mois sont un perpétuel combat, celle des grandes zones commerciales gérées par les petits chefs, de ces zones impersonnelles où le rêve s’arrête à la première ligne d’horizon. Avec ce drame, le cinéaste filme avec une belle sensibilité un homme faible, dépassé par le cours de l’existence. C’est souvent juste et parfois poignant, même si on a du mal à vibrer à l’unisson avec un mec qui court droit à sa perte dans une terrible autodestruction.

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