SPIELBERG FAIT REVIVRE LA GUERRE FROIDE

A 68 ans, Steven Spielberg n’a rien perdu de son goût de raconter les histoires les plus variées, surtout quand elles ont un rapport avec l’Histoire. Preuve en est avec la sortie le 2 décembre du Pont des espions, qui replonge le spectateur au cœur de la guerre froide sur un scénario signé des frères Coen.

Avec Le Pont des espions, Spielberg porte à l’écran un projet qui remonte à cinquante ans.  En 1965, Gregory Peck avait rêvé  de camper James Donovan mais, en pleine crise de Cuba, la MGM avait laissé  le projet dans les tiroirs pour ne pas envenimer la situation.

Dans son 28ème film, Spielberg a donc choisi de plonger le spectateur dans les débuts d’une guerre froide qui, 160047enfant, l’a marqué : Le Pont des espions est inspiré de la véritable histoire de ce James Donovan, un  avocat spécialisé dans les assurances qui s’est fait engager par le gouvernement américain pour défendre un espion russe, Rudolf Abel  (Mark Rylance)   D’abord réticent à accepter le job, de peur de devenir une cible en ces temps de paranoïa, Donovan a fini par prendre la défense d’Abel par fidélité à ses principes.  Et le réalisateur de noter : « Dans les années 1950, la guerre froide était comme un nuage permanent au-dessus de nos têtes. Malgré ma jeunesse, j’étais très conscient des enjeux. » Qui plus est, le père du cinéaste, parti en URSS comme ingénieur de General Electric, et a profondément senti la tension existant entre son pays et l’URSS et ses récits ont marqué le jeune Steven.

Pour la quatrième fois, Spielberg retrouve pour cette histoire – dont l’atmosphère et les décors ont été minutieusement reconstitués – son acteur fétiche : Tom Hanks. Avec un rôle qui garde une force toute symbolique comme le souligne le cinéaste : « Avec la multiplication des moyens de communication, tout le monde peut s’exprimer mais finalement, personne ne s’écoute ! Il y a près de cinquante ans, James Donovan, parce qu’il estimait que tout homme avait le droit à un vrai procès, a voulu comprendre qui était cet espion soviétique qu’il devait défendre. Au risque de devenir l’homme le plus détesté des Etats-Unis. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il résisterait aux torrents de haine véhiculés par les réseaux sociaux…« 

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Pour restituer le climat et les lieux de cette époque, Spielberg a multiplié les lieux de tournage : Etats-Unis, l’Allemagne, et la Pologne. L’équipe a tenu à se rendre là où les évènements historiques ont vraiment eu lieu : la  production européenne a commencé à Berlin, à l’endroit où l’échange des prisonniers Abel et Powers s’est produit, sur le  pont de Glienicke. Quant aux séquences prévues près du mur de Berlin, il a fallu dénicher un décor rappelant celui de la Berlin-Est : il fut trouvé en Pologne à Wroclam dont le délabrement présente quelques similitudes avec celui de la capitale en 1961.

Pour Spielberg, ce film est aussi l’occasion de revenir sur un de ses thèmes favoris : la guerre. Il explique ainsi cette fascination : « C’est le moment où se révèle la vraie nature humaine. » En tout cas, en mêlant suspense et humour, Spielberg raconte cette fois le parcours d’un homme pas vraiment banal.

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