TOM HANKS S’ENVOLE AVEC EATSWOOD

591382Sur l’écran le 30 novembre, Sully voit pour la première fois Tom Hanks tourner pour Clint Eastwood. Il y campe le pilote qui a sauvé 155 passagers lors d’un amerrissage stupéfiant sur le fleuve Hudson.

Clint Eastwood s’attaque avec Sully à une épisode aéronautique fameux : en janvier 2009, commandant Chesley « Sully » Sullenberger parvint à sauver la vie de 155 passagers après un amerrissage sur l’Hudson. Or, alors qu’il avait été célébré comme un héros pour cet exploit inédit, Sully dut supporter une enquête qui menaçait de détruire sa réputation et sa carrière… Plus qu’un simple biopic, Eatswood s’intéresse donc aux semaines de fortes turbulences que traversé par ce pilote contraint de venir s’expliquer devant le Bureau National de la sécurité des transports. Pour coller au plus près de la réalité, le cinéaste a longuement collaboré avec l’ancien pilote. ll raconte : « On a sollicité Sully à chaque fois qu’il était disponible. Il a eu la gentillesse de nous donner accès aux simulateurs et de demander à des pilotes de montrer à Tom et Aaron comment ils fonctionnaient précisément. Ils ont eu une formation accélérée mais ils ont mis le paquet ».

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DANS LES MONTAGNES AFGHANES

WOLF AND SHEEP, de Shahrbanoo Sadat – 1h26

Avec Sediqa Rasuli, Qodrat, Amina, Sahar

Sortie : mercredi 30 novembre 2016

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

wolf-and-sheep-photo7-pretty-pictures-640x427Dans les montagnes d’Afghanistan, les enfants bergers obéissent aux règles : surveiller le troupeau et ne pas fréquenter le sexe opposé. Mais l’insouciance n’est jamais loin ; alors que les garçons chahutent et s’entraînent à la fronde pour éloigner les loups, les filles fument en cachette, jouent à se marier, et se moquent de la petite Sediqa, considérée comme maudite.Les légendes que racontent leurs aînés se mêlent à la vie, et éclairent les mystères de leur monde protégé – mais jusqu’à quand ?

Ce qui touche dans  ce film ?

wolf-and-sheep-photo2-pretty-pictures-640x427Tourné au Tadjikistan, au Nord de la frontière afghane –  le paysage ressemble au centre de l’Afghanistan – le film a dû y construire tout un village et y faire venir des acteurs afghans car les maisons y sont différentes et les gens y ont un autre accent. Le scénario a été inspiré à la réalisatrice Shahrbanoo Sadat qui, enfant, avait passé sept ans dans un village isolé situé dans une région rurale de l’Afghanistan et s’y était ressentie par les villageois du fait de sa mauvaise vue, son accent différent et lde a réputation de son grand-père qui était en contact avec les morts. .Elle raconte : « Je repense aujourd’hui avec fierté à cette période difficile pour moi. Ces wolf-and-sheep-photo6-pretty-pictures-640x427années m’ont beaucoup appris sur la société afghane. À 18 ans, je suis partie à Kaboul. J’y ai étudié le cinéma et commencé à réaliser des films. Ma volonté de faire le portrait d’un Afghanistan complexe me distingue de mes compatriotes cinéastes, mais cela ne me gêne plus. Je veux débarrasser mon pays des clichés et montrer à quel point sa culture est riche au moyen d’images encore inédites. » Primée au dernier Festival de Cannes par Prix Art Cinema Award à la Quinzaine, ce film qui a des allures de doc raconte avec une belle sobriété le quotidien de ces enfants bergers. Une vie fondée sur deux règles principales : la surveillance des troupeaux qui sont menacés par un loup et l’interdiction de fréquenter le sexe opposé. Lire la suite

LA SAGA DES BRAQUEURS DES ÎLES

LE GANG DES ANTILLAIS, de Jean-Claude Barny – 1h30

Avec Djedje Apali, Eriq Ebouaney, Adama Niane

Sortie : mercredi 30 novembre 2016

Je vote : 2 sur 5

Le pitch ?

Dans les années 70, le BUMIDOM promettait de favoriser l’insertion en métropole des français des DOM-TOM. Jimmy Larivière, arrivé à Paris pour refaire sa vie, ne parvient pas à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec un groupe de trois jeunes Antillais va l’entraîner dans une série de braquages retentissants.

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Que penser de ce polar ?

Ce thriller est inspiré du roman autobiographique éponyme de Loïc Léry. Un livre qu’il a écrit en prison où il purgeait sa peine, suite à sa vie de braquages,  après avoir rencontré Patrick Chamoiseau, alors éducateur. Depuis Chamoiseau a reçu  le prix Goncourt pour son roman paru 110097en 1992. En prime, Loïc Léry a été consultant sur le film.

Jean-Claude Barny revient en ses termes sur la genèse du film : « Il y a dix ans, alors que j’étais en train d’écrire mon premier long-métrage Nèg Maron, le directeur général de Trace Olivier Laouchez et Kenzy du Secteur A m’ont fait découvrir Le Gang des Antillais. J’ai été foudroyé par l’écriture vive, écorchée, violente de Loïc Léry et subjugué par son l’histoire ». Après Tropiques amers, la série historique sur l’esclavage aux Antilles et le téléfilm Rose et le Soldat, sur histoire de la Martinique pendant la Seconde Guerre mondiale, j’étais à la recherche d’un nouveau sujet de long-métrage. J’ai recontacté Loïc Léry  qui était partant pour l’aventure ».

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L’ENVERS DU RÊVE AMÉRICAIN SELON MIRA NAIR

E-CINEMA

565201L’INTÉGRISTE MALGRÉ LUI, de Mira Nair

Avec Riz Ahmed, Kate Hudson, Liev Schreiber, Kiefer Sutherland

Sortie en VOD et EST :  le 21 novembre 2016

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Un jeune et brillant pakistanais vit le rêve américain. Diplômé de Princeton, il est embauché par 20188575une grosse société de Wall Street. Sa vie semble toute tracée jusqu’aux attentats du 11 septembre qui viennent bouleverser ses certitudes. Harcelé par la police en raison de ses origines, il vit très mal la paranoïa xénophobe qui l’entoure et s’interroge sur son identité. 

Ce qui surprend dans ce film ?

20188573On se demande pourquoi le quinzième film de Mira Nair n’a pas eu droit aux honneurs d’une sortie sur grand écran, tant l’histoire est intéressante. Adaptation du best-seller mondial de Mohsin Hamid, écrit en 2007, un livre traduit dans 25 langues, le film raconte comment un brillant chercheur pakistanais, très assimilé, est soudain confronté au rêve américain. Après le 11 septembre, la cinéaste montre bien comment ce jeune homme brillant se retrouve soudain confronté à un pays et un système qui fait de lui un bouc émissaire. Et cela jusque dans ses relations personnelles, comme le montrent les séquences consacrées à ses relations avec la jeune femme photographe, campée par Kate Hudson, de retour sur grand écran après quelques années d’éclipse.

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LES POINGS DU FUTUR

563480ARÈS, de Jean-Patrick Benes – 1h20

Avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse, Hélène Fillières, Louis-Do de Lencquesaing

Sortie : mercredi 23 novembre 2016

Je vote : 3 sur 5

562074Le pitch ?

Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses dix millions de chômeurs, la France fait désormais partie des pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra-violents où les participants sont dopés en toute légalité et où tous les coups sont permis. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui vit de petits boulots de gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa sœur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en œuvre pour les sauver : elle et ses filles.

2 raisons d’y aller ?

Une certaine vision du futur. La bonne idée de Jean-Patrick Benes, c’est d’avoir imaginé un contexte de crise profonde où Paris est envahi de laissés-pour-compte, traqués par la police, et où les politiques ont baissé les bras tandis que les grandes compagnies tirent les ficelles de l’économie. C’est la crise espagnole et grecque qui a inspiré le sujet au réalisateur qui imagine : « Une France qui rejoint le cortège des nouveaux pays pauvres, un Etat en faillite avec quinze millions de chômeurs, encore plus de SDF dans les rues, une urbanisation chaotique, des multinationales qui rachètent la dette de l’Etat, prennent le pouvoir et changent les lois… »

Ainsi dans une capitale où les SDF ont envahi le Champ de Mars, où la quête d’un emploi est prétexte à tous les sacrifices, et où le dopage est devenue la règle, les multinationales dirigent la société avec un cynisme qui n’a d’égal que leur morgue et le mépris des laissés-pour-compte comme le prouvent les séquences de réunions entre actionnaires.

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LA MORT DANS CE DÉSERT

THEEB, LA NAISSANCE D’UN CHEF, de Naji Abu Nowar – 1h40

Avec Jacir Eid, Hassan Mutlag, Hussein Salameh

Sortie : mercredi 23 novembre 2016

Je vote : 3 sur 5

theeb_15_jacir-eid-as-theeb_theebaloneLe pitch ?

Péninsule Arabique, 1916, sous l’occupation britannique.Dans un campement bédouin, au coeur du désert, le jeune Theeb, 10 ans, vit avec son grand frère Hussein, qui lui transmet les traditions ancestrales. Une nuit, un officier britannique s’invite dans la communauté : Hussein accepte de le guider à la recherche d’un puits, sur la route de la Mecque. Mais Theeb refuse de se séparer de son frère et décide de les suivre à distance…

Ce qui touche dans ce premier film ?

Les amateurs d’aventures, de grands espaces et de désert seront servis en découvrant ce premier flm de Naji Abu Nowar qui signe ici une espèce de western jordanien. Clin d’œil pour les cinéastes, Theeb a été tourné dans les décors du Wadi Rum situés au sud de la Jordanie, déjà immortalisés sur grand écran par David Lean et son Lawrence d’Arabie.

theeb_22_jacir-eid-as-theeb-jack-fox-as-edward-marji-audeh-as-marji-hussein-salameh-as-hussein_sikh-copieEn langue bédouine, « theeb » signifie « loup » : dans cette culture, cet animal est considéré comme une sorte de divinité.  Pour prouver sa valeur, un homme doit accomplir des exploits dans des domaines tels que la chasse, la guerre ou la politique. Alors,  il a l’honneur d’être surnommé « Theeb ».  « Vous êtes considéré comme quelqu’un de courageux et de rusé, comme quelqu’un qui peut réaliser l’impossible. De ce fait, le prénom Theeb est répandu chez les Bédouins, comme d’autres noms d’animaux respectés, l’aigle, le faucon et le lion. Ainsi, hériter du nom Theeb à la naissance, c’est devoir assumer une certaine grandeur », souligne  Naji Abu Nowar.
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JUDITH CHEMLA, HEROÏNE DE MAUPASSANT

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UNE VIE, de Stéphane Brizé – 1h59 a

Avec Judith Chemla, Jean-Pierre Darroussin, Yolande Moreau, Swann Arlaud, Nina Meurisse

Sortie : mercredi 23 novembre 2016

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Normandie, 1819. A peine sortie du couvent où elle a fait ses études, Jeanne Le Perthuis des Vauds, jeune femme trop protégée et encore pleine des rêves de l’enfance, se marie avec Julien de Lamare. Très vite, il se révèle pingre, brutal et volage. Les illusions de Jeanne commencent alors peu à peu à s’envoler.

Et alors ?

une-vie_photo-9-%e2%88%8f-ts-productions-photographe-michaa%cc%82l-crottoAvec Une vie, Stéphane Brizé est bien loin de l’univers de chômage de longue durée de La Loi du marché. Il nous plonge dans la Normandie du XIXe siècle qui a inspiré bien des nouvelles et romans à Guy de Maupassant, restant comme Flaubert toujours fidèle à sa région. Il y a pourtant entre les deux « héros » du film la même volonté de se faire une certaine idée de la vie. Et Jeanne garde en elle une belle confiance en l’humain, même si la réalité devrait lui ouvrir les yeux et lui permettre de discerner le vrai salaud du pur égoïste.

Porté par la très belle musique interprétée au pianoforte par le claveciniste Olivier Baumont, qui une-vie_photo-10-%e2%88%8f-ts-productions-photographe-michaa%cc%82l-crottoa fait découvrir à Stéphane Brizé les secrets du baroque, ce film décrit bien comment cette femme est prisonnière des convenances et a bien du mal à composer avec les arrangements un brin sordides de la vie des adultes. Poussant loin  le désir de naturalisme, le cinéaste une-vie_photo-3-%e2%88%8f-ts-productions-photographe-michaa%cc%82l-crottoa tourné son histoire sur plusieurs saisons. Il explique  : « Revenir sur les mêmes dix-onze lieux – la plage, la campagne, le parc, le potager – en montrant la métamorphose de la nature. Cela, mêlé au vieillissement des corps, traduit plus puissamment la sensation de la vie qui s’écoule. Avec l’envie aussi que la nature soit l’écho de la psychologie de Jeanne. Car elle est en lien organique et psychique avec les éléments. Ensemble, ils ne font plus qu’un« . De ce fait, il ajoute, notamment par des scènes de jardinage récurrentes entre le père et la fille une dimension terrienne à ce récit où le comportement de l’homme est opposé à celui de la nature.

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