LES CINGLÉS DE LA NOUVELLE-ORLEANS

NOLA CIRCUS, de Luc Annest – 1h25

Avec Jessica Morali, Martin Bradford, Vas Blackwood

Sortie : mercredi 28 septembre 2016

Je vote : 2 sur 5

 

capture-decran-2016-09-22-a-16-46-11Le pitch ?

Will, patron d’un Barber Shop, vit une liaison secrète avec la belle et sexy Nola. Denzel, son demi-frère ultra protecteur, sombre dans une jalousie compulsive. Guiseppe, le boss d’une pizzeria fait venir d’Italie, un tueur à gages. Karen, la dealeuse, pète les plombs… sans oublier Marvin, obsédé notoire ou encore, trois hommes du Ku Klux Klan… Un cocktail explosif qui va secouer la vie tranquille de ce quartier de la Nouvelle-Orléans !

capture-decran-2016-09-22-a-16-46-34Réussi ?

Une histoire déjantée. Pour son premier film, Luc Annest n’a pas hésité à faire le grand saut pour tourner aux Etats-Unis cette histoire foldingue et dont le financement est original : Nola Circus a été  financé en grande partie par des sportifs de haut niveau via la société de production The Illicit Producers. Des stars comme les basketteurs Ronny Turiaf, Boris Diaw ou Ian Mahinmi, les footballeurs Bacary Sagna, Louis Saha ou le rubgyman Maxime Mermoz ont entre autres participé au financement du film. Avec l’engagement de  reverser 5% des recettes à des associations caricatives.

Le scénario ne manque pas d’originalité sur le papier : évoquer une relation amoureuse interraciale avec, en toile de fond, l’irruption de membres du Ku Klux Klan. Ce qui donne lieu à un film directement inspiré par Tarantino ou Spike Lee pour le côté détonnant des séquences comme celle où les gars du KKK font irruption dans le salon de coiffure du « héros » principal. Lire la suite

UN FILM… CHOUETTE

CHOUETTE… UN NOUVEL AMI ! – de Gholamreza Kazzazi, Behzad Farahat… – 43 minutes

Films d’animation

Sortie : mercredi 28 septembre 2016

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Il est des moments dans la vie où l’on se sent bien seul. Et puis tout à coup, au détour d’un chemin, une rencontre ! Alors à nouveau, tout nous semble beau… 6 histoires courtes pour nous conter la joie de trouver un ami.

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Ce qui touche dans ces histoires ?

Voilà une série de courtes histoires qui célèbrent, de manière colorée et vivante, les joies de l’amitié et le réconfort qu’elle peut apporter. Six récits qui jouent aussi bien sur les thèmes que les couleurs : que l’on passe du Moineau et l’Epouvantail et son univers de neige avant qu’une lumière, façon Van Gogh, ne dévoile un tout autre paysage à La Cravate et son girafon espiègle en passant par Le Pyracantha, et ce petit monde coloré à fleur d’écorce; signé Negareh Halimi, une artiste-peintre iranienne. Le tout porté par des bandes musicales présentes sans être omniprésentes. Lire la suite

ZOLA-CÉZANNE : PARCE QUE C’ÉTAIT LUI…

445409CÉZANNE ET MOI, de Danièle Thompson – 1h56

Avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Alice Pol, Déborah François

Sortie : mercredi 21 septembre 2016

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil… Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

Ce qui touche dans le film ?

Il y a une quinzaine d’années, Danièle Thompson a découvert l’incroyable amitié qui a uni ces deux artistes flamboyants. Elle souligne : « J‘ai été épatée par ma propre ignorance sur cette relation qui fut si forte, passionnelle et a nourri une relation épistolaire longue et bien des témoignages. » Emile Zola en tira même un roman à clé, L’Œuvre, qui ne fut pas le plus connu dans son abondante production littéraire. Un ouvrage où cet ami et défenseur de Manet résume son expérience du milieu et des problèmes de la peinture sous le Second Empire et les prémices de la Troisième République. Une descente passionnante dans l’univers des artistes avec leurs passions, leurs désillusions, leurs inimitiés…

downloadL’idée d’un film a fait son chemin et la réalisatrice a « noirci des tas de cahiers » pour nourrir son scénario. Ce qui n’était pas chose facile car, comme le note Guillaume Canet, qui campe un Zola austère et silencieux : « Il était difficile d’interpréter de tels personnages aussi forts dans l’inconscient collectif et qui font aujourd’hui partie du patrimoine. » Tout au long du film, Danièle Thompson parvient à restituer cette amitié méconnue entre l’écrivain et le peintre, dont l’un, Zola, sera finalement reconnu de son vivant quand l’autre connaîtra un parcours plus tumultueux, restera un brin aigri avant de connaître un triomphe post-mortem. Et de devenir LA référence de bien des peintes du 20ème siècle.


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LE MONDE SELON XAVIER DOLAN

Chaque film du virtuose québécois ne peut laisser indifférent. Il revient le 21 septembre avec Juste la fin du monde, et un casting royal sur fond de crise familiale.

Une fois de plus, Xavier Dolan s’intéresse à un huit clos qui sert de révélateur aux gens qui sont ponctuellement réunis. Avec Rien que la fin du monde, il adapte sur grand écran la pièce de Jean-Luc Lagarce, comédien, metteur en 518468scène et auteur dramatique, mort en 1995 à 38 ans et dont les écrits n’ont, depuis, pas cessé d’être montrés et joués dans le monde entier.  Le pitch de Juste la fin du monde , écrit alors que Jean-Luc Lagarce se savait atteint du sida ? Après douze ans d’absence, un écrivain, Louis, 51924934 ans,  retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.  Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancœurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.  Pour le passage sur grand écran, Xavier Dolan a tenu à ce que les dialogues soient fidèles au texte original. Il souligne : « Je voulais que les mots de Lagarce soient dits tels qu’il les avait écrits. Sans compromis. C’est dans cette langue que repose son patrimoine, et c’est à travers elle que son œuvre a trouvé sa postérité. L’édulcorer aurait été banaliser Lagarce ».

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DEUX FLICS AMÉRICAINS À PARIS

bskasv64p_ms9y2asfiksjtqd3kp1ndgnfcepfuoqqt8kjju2repl_q5rqavcie4rubay3x9gaojkvq5y2v9cyshqpks667DEUX PORTORICAINS À PARIS, de Ian Edelman – 1h22

Avec Alice Taglioni, Luis Gusman, Rosario Dawson

Sortie : mercredi 21 septembre 2016

Je vote : 2 sur 5

Le pitch ?

Colette est une célèbre designer parisienne. Quand on vole le prototype du sac de sa prochaine collection, elle fait appel aux services de Luis et Eddie, deux flics new-yorkais spécialisés dans la contrefaçon. Luis et Eddie saisissent l’opportunité de se voir offrir un séjour à Paris aux frais de la princesse. Entre chocs culturels et caractères bien trempés, cette enquête leur en fera voir de toutes les couleurs.

u2xa8hvfierj4mitlsc9lnwhrp5vojnxz9bms1cca1sfueacktjzzfswgmqf-wuplwizxrpz44pywrvbyt5ylzathems714Y aller ?

Avec ce premier film, Ian Edelman, connu pour la série  How To Make It In America, signe une comédie américaine classique en jouant sur le choc classique entre deux cultures : on suit ainsi deux flics américains qui débarquent à Paris pour enquêter incognito sur une affaire de contrefaçon. Rien de bouleversant sous le soleil mais une histoire qui mise sur le rythme et la bonne humeur.

Après une ouverture musclée, dans la droite ligne de ce genre de comédie, le film conduit donc ces deux enquêteurs un peu baltringues sur les quais de Seine. Le voyage ne fournit pourtant pas une aventure qui tourne à cent à l’heure et le cinéaste ne parvient pas vraiment à échapper aux caricatures du genre, notamment en ce qui concerne la bonne bouffe. Et les clichés sur le Paris pour touristes en goguette, même si le duo n’est pas vraiment de passage pour se la couler douce.

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NELLY KAPLAN : DES SOUVENIRS PAS TOUJOURS PALPITANTS

imageEntrez, c’est ouvert, c’est l’autobiographie de Nelly Kaplan (*), qui travailla longtemps au côté d’Abel Gance mais a aussi réalisé La Fiancée du Pirate, un film qui fut un choc à sa sortie en 1969. Une femme libre dont les souvenirs ne sont pas toujours palpitants.

Nelly Kaplan n’est pas une personnalité banale et ses Mémoires sont à son image. Libre et suivant un désordre… organisé. D’emblée, elle avertit : « Le jour où je t’ai conçue, ma dit un jour ma mère (je devais avoir quinze ans), le Diable avait pris la place de ton père ! » Au lieu de me bouleverser, cette assertion m’a plu. Je n’étais pas née uniquement des éternités différentes de l’homme et de la femme puisque Lucifer y avait mis son grain de poivre ! » Le ton est donné et la dame qui assista les derniers grands films d’Abel Gance, passa à la réalisation avec notamment La Fiancée du pirate, mais signa aussi des livres érotiques sous le pseudonyme de Belen,  ne s’autocensure pas trop quand elle revient sur son parcours.

Une partie de ces Mémoires valent le détour quand il est question aussi bien des Surréalistes, de sa relation avec André Breton ou Philippe Soupault, que de tournages avec Abel Gance. Ainsi, quand elle décrit le sale caractère du Pape du surréalisme qui exigea qu’elle lui rende, suite à une dispute, tout leur échange de courrier. Et Nelly Kaplan de raconter comment elle a réagi en lui rendant une visite surprise avec son courrier déchiré dans un sac . « De plus en plus surpris, André reste coi. C’est le moment que je choisis pour ouvrir le sac et lui lancer les « confettis » à la figure. Là, il est stupéfait. Ce doit être la première fois dans son existence où quelqu’un agit de la sorte envers des textes aussi superbes ! Pendant une fraction de seconde, j’ai l’impression qu’il veut me frapper. Je ferme les poings, m’apprêtant à riposter. Mais non : à la place, il éclate de rire. Je finis par rire à mon tour. » Lire la suite

FRISSONS SUR STRASBOURG

feffs2016Du 16 au 25 septembre, le public de Strasbourg pourra provoquer une douce peur avec la 9ème édition du Festival européen capture-decran-2016-09-11-a-22-06-46du film fantastique. Avec, cette année, un invité de prestige : Dario Argento.

Âgé aujourd’hui de 76 ans, Dario Argento sera cette année un visiteur attendu de la 9ème édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. Une rétrospective du maître du « giallo » est donc prévue avec notamment des films comme L’Oiseau au plumage de cristal et Le Chat à neuf queues, et il animera en prime une master class. Un autre hommage est prévu à David Bowie avec The Man Who Feel To Earth, de Nicolas Roeg.

Bien sûr, le Festival fera la part belle aux productions les plus variées et présentera en ouverture Swiss Army Man, de Daniel Scheinert et Daniel Kwan et, en fermeture, The Mermaid, de Stephen Chow (photo ci-jointe).

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